Les films à ne pas manquer en décembre

Quels sont les films à ne pas manquer en décembre ? Le Polyester vous propose sa sélection de longs métrages à découvrir en salles.



• Cabo Negro, Abdellah Taïa (3 décembre)
L’histoire : Deux jeunes de Casablanca, Soundouss et Jaâfar, arrivent dans une luxueuse villa de la station balnéaire de Cabo Negro. La villa est louée par l’amant de Jaâfar, un riche Américain qui est censé les rejoindre plus tard. Mais quelque chose ne va pas : ce dernier n’est toujours pas là et ils ne parviennent pas à le joindre par téléphone. Livrés à eux-mêmes, ils décident, malgré leur situation financière et personnelle incertaine, de profiter de leurs vacances autant que leur esprit et leur corps le leur permettent.
Pourquoi il faut le voir : Il y a beaucoup de personnalité dans cette carte du tendre aux chemins zigzagant par-dessus les frontières. Les différentes rencontres qui vont ponctuer ces quelques jours de vacances vont agrandir le cœur des protagonistes et en même temps élargir l’ambition du scénario dans des directions poignantes et étonnantes.



• Billy, Lawrence Côté-Collins (3 décembre)
L’histoire : La cinéaste Lawrence Côté-Collins retrouve son agresseur en prison. Elle veut comprendre, pardonner et accompagner un homme souffrant. Billy est schizophrène et sa plus grave crise a laissé deux morts. Leur relation d’amitié carcérale épistolaire met en lumière la vérité sur cette maladie mentale qui n’était ni diagnostiquée ni soignée. Ensemble, ils se racontent et se reconstruisent à travers une correspondance intime et des archives vidéo inédites.
Pourquoi il faut le voir : Ce documentaire intime et émouvant nous plonge de plus en plus profondément dans les émotions crues et fortes de la jeunesse (premier amour, solitude, précarité). Touchant et direct, ce film permet à Billy (le protagoniste) et Lawrence (la cinéaste) de se dévoiler autant l’un que l’autre.



• Love Me Tender, Anna Cazenave Cambet (10 décembre)
L’histoire : Une fin d’été, Clémence annonce à son ex-mari qu’elle a des histoires d’amour avec des femmes. Sa vie bascule lorsqu’il lui retire la garde de son fils. Clémence va devoir lutter pour rester mère, femme, libre.
Pourquoi il faut le voir : Vicky Krieps délivre l’une des performances de l’année dans cette libre adaptation du texte de Constance Debré. Anna Cazenave Cambet trouve le bon point de vue pour mettre en scène ce personnage hors normes, parvenant à cette réussite singulière qui est de rendre bouleversante et inoubliable une héroïne qui n’est jamais conçue pour être particulièrement aimable.



• L’Amour qu’il nous reste, Hlynur Pálmason (17 décembre)
L’histoire : La trajectoire intime d’une famille dont les parents se séparent. En l’espace d’une année, entre légèreté de l’instant et profondeur des sentiments, se tisse un portrait doux-amer de l’amour, traversé de fragments tendres, joyeux, parfois mélancoliques. Un regard sensible sur la beauté discrète du quotidien et le flot des souvenirs qui s’égrènent au rythme des saisons.
Pourquoi il faut le voir : L’Amour qu’il nous reste compose un portrait familial cassé avec une tonalité toujours libre pour dépeindre des sentiments plus grands que le quotidien. La mise en scène expressive de l’Islandais Hlynur Pálmason réussit à rendre vivant et émouvant un sujet qu’on pourrait penser figé ou rebattu.



• L’Engloutie, Louise Hémon (24 décembre)
L’histoire : Par une nuit de tempête, Aimée, jeune institutrice républicaine, arrive dans un hameau enneigé aux confins des Hautes-Alpes. Malgré la méfiance des habitants, elle se montre bien décidée à éclairer de ses lumières leurs croyances obscures. Alors qu’elle se fond dans la vie de la communauté, un vertige sensuel grandit en elle. Jusqu’au jour où une avalanche engloutit un premier montagnard…
Pourquoi il faut le voir : La rencontre entre le nouveau et l’ancien monde selon Louise Hémon possède bien de facettes différentes, et travaille une délicieuse imprévisibilité tranquille derrière de sages apparences. A la croisée de la comédie, de la fable philosophique et de la folk horror, L’Engloutie est l’une des révélations de l’année.



• Le Temps des moissons, Huo Meng (24 décembre)
L’histoire : Chuang doit passer l’année de ses dix ans à la campagne, en famille mais sans ses parents, partis en ville chercher du travail. Le cycle des saisons, des mariages et des funérailles, le poids des traditions et l’attrait du progrès, rien n’échappe à l’enfant, notamment les silences de sa tante, une jeune femme qui aspire à une vie plus libre.
Pourquoi il faut le voir : Prix de la mise en scène à la Berlinale, Le Temps des moissons fait preuve d’une force dramatique à observer des cycles éternels – naissance, mariage, mort – comme une roue qui ne s’arrêtera jamais. Un monde vivant qui, devant nos yeux et en un majestueux mouvement de caméra, peut devenir un lieu hanté.



• Magellan, Lav Diaz (31 décembre)
L’histoire : Magellan est un capitaine révolté contre le pouvoir du Roi, parce qu’il est un humaniste et croit en la justice. Mais, quand il obtient finalement le commandement de la flotte des épices, avec laquelle il va faire la première circumnavigation de la terre, que va-t-il découvrir sur lui-même ?
Pourquoi il faut le voir : On connaissait l’ambition des films-mondes du Philippin Lav Diaz, mais on est malgré tout surpris par cette fresque historique au spectacle parfois épique. On retrouve dans Magellan la science du récit du cinéaste ainsi que son impressionnant talent de mise en scène pour raconter, à travers le parcours de l’explorateur portugais, les ombres violentes de l’Histoire philippine.



• En garde, Nelicia Low (31 décembre)
L’histoire : Jie, un jeune talent prometteur de l’escrime, renoue avec son frère aîné Han, récemment libéré après sept ans de prison pour la mort accidentelle d’un adversaire lors d’une compétition. En secret, Han soutient Jie dans son entraînement, l’aidant à viser une qualification aux championnats nationaux. Mais une dispute éclate, et Jie commence à douter de l’innocence de son frère.
Pourquoi il faut le voir : L’ambiguïté que la Singapourienne Nelicia Low met au cœur de son scénario est entourée de beaucoup de douceur. Ce premier film peut passer avec fluidité du drame familial au film à suspens et la comédie romantique gay. L’élégance esthétique d’En garde, mise en valeur par la superbe photo du chef opérateur polonais Michal Dymek, convainc et charme sans réserve. 


• Retrouvez notre dossier sur les films à ne pas manquer en novembre.

Nicolas Bardot

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