Festival de Sundance 2026 | 8 courts métrages à retenir

L’édition 2026 du Festival de Sundance, que vous avez pu suivre en direct toute la semaine sur Le Polyester (retrouvez notre couverture), s’achève ce weekend. Parmi les courts sélectionnés cette année se trouvaient plusieurs films dont nous vous parlions déjà ces précédents mois, tels le film d’animation colombien Una vez en un cuerpo ou encore la Palme d’or 2025 I’m Glad You’re Dead Now. Parmi les films découverts lors de cette édition, nous vous proposons 8 œuvres à retenir.



Birdie, Praise Odigie Paige (Etats-Unis)
L’histoire : En 1970, dans l’état de Virginie, une réfugiée nigériane de 16 ans tente de maintenir sa famille unie lorsqu’un inconnu se lie à sa sœur.
Pourquoi on l’aime : La réalisatrice nigériane Praise Odigie Paige fait preuve d’un talent de composition remarquable dans cette fiction à la fois délicate et énigmatique. Chaque tableau qui compose ce court élégant dévoile une espace domestique où le vide prend une place étonnante, où les élans des personnages féminins semblent assombris par une menace laissée hors-champ. Birdie parvient à suggérer beaucoup en faisant preuve d’une économie gracieuse.



Crisis Actor, Lily Platt (Etats-Unis)
L’histoire : Fraîchement licenciée, une actrice impulsive s’incruste dans un groupe de soutien et plonge dans une nuit chaotique qui la pousse à affronter son addiction au chaos.
Pourquoi on l’aime : Une protagoniste-tornade sert de moteur (à explosions) dans cette comédie chaotique qui bondit et tangue à la fois. La réalisatrice Lily Platt sait trouver le juste dosage pour que la folie de son héroïne soit tantôt une amusante source de démission sociale, tantôt la poignante confession d’une solitude sans remède.



• Faux bijoux, Jessy Moussallem (France/Liban)
L’histoire : Mireille promet à Johnny le grand écran, l’entraînant à une audition dont elle seule connaît vraiment les règles.
Pourquoi on l’aime : La réalisatrice libanaise Jessy Moussallem compose une fine vignette familiale où la chaleur humaine et la violence sociale cohabitent avec relief le temps d’une rencontre entre parents et enfants. Ce jeu de rôles où les liens familiaux ne sont jamais ce dont ils ont l’air dévoile progressivement des enjeux poignants et incisifs.



Going Sane: The Rise and Fall of the Center For Feeling Therapy, Joey Izzo (Etats-Unis)
L’histoire : Dans les années 1970 à Los Angeles, un nouveau groupe de thérapie est lancé sur une promesse utopique avant de se transformer en une secte orientée vers les affaires, fondée sur le contrôle et les abus.
Pourquoi on l’aime : Difficile de distinguer l’utopie thérapeutique de l’attrape-gogo dans ce fait divers d’un gourou escroc. Ce court documentaire s’empare de cette ambiguïté et choisit d’alterner avec ludisme le vrai et le faux. Ainsi, aux archives vidéos publiques et privées répondent d’étonnantes scènes où des comédiens rejouent en playback les confessions d’anciens malades anonymes.



Homemade Gatorade, Carter Amelia Davis (Etats-Unis)
L’histoire : Une femme prend la route pour aller livrer sa boisson maison à un mystérieux acheteur en ligne.
Pourquoi on l’aime : La réalisatrice Carter Amelia Davis dit vouloir faire des films qui donnent au spectateur l’envie immédiate de prendre une douche. Un fascinant malaise et un humour méchant se chevauchent effectivement dans cette animation délicieusement cauchemardesque faite de collages numériques. Une atmosphère poisseuse et risible à la fois qui évoque l’œuvre du vidéaste Ryan Trecartin.



How Brief, Kelly McCormack (Etats-Unis)
L’histoire : Une nuit en 1962, une femme agitée retourne pour la dernière fois dans la maison de son enfance.
Pourquoi on l’aime : En s’inspirant des paroles de la chanteuse folk Connie Converse, Kelly McCormack (repérée comme interprète dans Sorry Baby, entre autres) compose un étrange instantané de paranoïa domestique. Dans un décor au minimalisme de sitcom, une poigné de personnages se livre à une chrographie ivre et nerveuse, et le foyer familial traditionnel devient un enfer à fuir de toute urgence.



• Los Mentirosos, Eduardo Braun Costa (Argentine)
L’histoire : Matías et Jaime essaient de comprendre le monde des adultes. Un jour, Jaime est arrêté par un agent de sécurité dans un centre commercial et Matías doit demander à un inconnu de faire semblant d’être leur père pour le libérer.
Pourquoi on l’aime : Les enfants ont-ils forcément besoin d’un père ? Cette vignette enfantine filmée à la volée passe avec une élégante fluidité de la comédie d’aventure de poche dans un cinéma où tout est possible à une vague d’inquiétude mélancolique face à une figure masculine imprévue. L’une des grandes réussites de cette édition. Retrouvez notre entretien avec Eduardo Braun Costa.



Um, Nieto (France)
L’histoire : Le peuple des oiseaux est entré dans un chaos violent, en proie à un phénomène inquiétant : leurs œufs semblent hantés par des visages démoniaques. Leur éclosion semble annonciatrice d’une imminente catastrophe…
Pourquoi on l’aime : Seul film de cette liste à ne pas avoir été présenté en première mondiale (il était d’abord passé par le Carrefour de l’animation il y a quelques mois), cette collaboration entre le vidéaste franco-colombien Nieto et le dessinateur japonais Daīchi Mori offre un cocktail de visions surréalistes, un film de baston poétique où dieux et oiseaux se rencontrent dans des couleurs néon.


Source images Courtesy of Sundance Institute

Gregory Coutaut

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