Le Festival de La Roche-Sur-Yon s’est achevé ce weekend et l’événement était à suivre comme chaque année sur Le Polyester. Nous revenons sur les temps forts de cette 16e édition.

Qu’un film aussi riche et imprévisible, doux et sophistiqué, généreux et ambitieux que Silent Friend remporte la compétition internationale de cette 16e édition est tout un symbole car chacun de ces qualificatifs peut s’appliquer à la ligne éditoriale insufflée par la directrice artistique Charlotte Serrand. Le nouveau long métrage de la Hongroise Ildiko Enyedi (lire notre entretien) nous invite poétiquement à repenser notre place dans le temps et la nature. Déjà primé à la Mostra de Venise, ce très beau film sortira au printemps 2026 en France. C’est l’occasion de remettre en lumière une passionnante cinéaste dont la filmographie reste mal connue et pas assez mise en valeur en France, malgré sa Caméra d’or (pour Mon XXe siècle) et son Ours d’or (pour Corps et âme).

Ce Grand Prix décerné à la réalisatrice hongroise est d’autant plus pertinent que le Festival de La Roche-sur-Yon est une manifestation qui accueille les réalisatrices avec chaleur. Ce n’est pas qu’une statistique dans un tableau Excel : les premières rétrospectives intégrales françaises dédiées à des cinéastes aussi importantes que Kelly Reichardt et Joanna Hogg ont eu lieu à La Roche-sur-Yon ; Sally Potter, autre réalisatrice à la filmographie éclectique et sous-estimée, a également fait l’objet récemment d’une rétrospective, tout comme Clio Barnard ou, parmi les réalisatrices mieux connues du public français, Andrea Arnold. Cette année, un focus était consacré, en sa présence, à la Canadienne Chloé Robichaud dont la filmographie reste inédite en France à part son premier long Sarah préfère la course (sorti en 2014 après sa sélection cannoise). Son dernier film, la comédie Deux femmes en or, prix du jury cette année, sortira en France en 2026 sous le titre Deux femmes et beaucoup d’hommes.

Comme à son habitude, le festival a su mêler grands noms attendus dont les films feront l’événement ces prochains mois, et découvertes curieuses. Présenté en première française et déjà parmi les favoris pour les prochains Oscars, Hamnet de la Chinoise Chloé Zhao était l’un des gros coups du festival. La cinéaste signe une adaptation lyrique et poignante du roman de Maggie O’Farrell ; le long métrage sortira le 21 janvier 2026 en France. Également au menu : Bugonia, la farce politique et flamboyante du Grec Yorgos Lanthimos (en salles le 26 novembre), L’Étranger, l’adaptation périlleuse signée François Ozon (sortie le 29 octobre), The Mastermind, l’élégant drame décalé de l’Américaine Kelly Reichardt (sur nos écrans le 4 février 2026), ou encore The Ugly, le retour en forme du Coréen Yeon Sang-ho (au cinéma le 4 mars 2026). Du côté des découvertes, citons Blue Heron, une chronique familiale poignante et originale de la Canadienne Sophy Romvari, Le Lac, aventure sensorielle et expérimentale du Suisse Fabrice Aragno ou encore If You Are Afraid You Put Your Heart into Your Mouth and Smile, récit d’apprentissage mordant de l’Autrichienne Marie Luise Lehner. Ces films n’ont, à notre connaissance, pas encore de distributeur.

Il y avait également de quoi voir du côté des formes courtes. Parmi les courts métrages qui ont le plus retenu notre attention, citons Flowering and Fading du Géorgien Andro Eradze et sa relecture magnétique du film de maison hantée, L’Œil noir de la Française Yohanne Lamoulère qui se distingue par sa singulière écriture du réel autour d’un rond point à Marseille, ou Lettres à mon ami Yohei Yamakado depuis son pays natal du Français Olivier Cheval, un herbier intime de voyage. Comme à chaque édition, le festival, à travers une sélection réalisée par Nicolas Thévenin, propose une remarquable sélection de clips de l’année diffusés, fait assez rare pour le noter, sur grand écran. Parmi ceux-ci, mentionnons Fashion Designa de Theodora, Anxiety de Doechii, Striptease de FKA Twigs, I Did Not Forget You de Kompromat & Rahim Redcar, ou encore Rising Soul d’Étienne de Crécy (qui a donné un concert dans le cadre du festival).
Retrouvez ci-dessous nos articles concernant cette édition.

ENTRETIENS
« Ce que l’on nomme la réalité, cela n’existe pas vraiment » : entretien avec Ildikó Enyedi
« On aime faire croire qu’on est des chéris, mais en écrivant on découvre qu’on est des monstres » : entretien avec Silvan Zürcher
COMPÉTITION INTERNATIONALE
ELEONORA DUSE de Pietro Marcello
LES VOYAGES DE TEREZA (O ÚLTIMO AZUL) de Gabriel Mascaro
OMAHA de Cole Webley
SILENT FRIEND de Ildikó Enyedi
SÉANCES SPÉCIALES
BLUE MOON de Richard Linklater
BUGONIA de Yórgos Lánthimos
FRANZ K. de Agnieszka Holland
HAMNET de Chloé Zhao
L’ÉTRANGER de François Ozon
THE UGLY de Yeon Sang-ho
COMPÉTITION NOUVELLES VAGUES
BLUE HERON de Sophy Romvari
HOW TO BE NORMAL AND THE ODDNESS OF THE OTHER WORLD de Florian Pochlatko
LE LAC de Fabrice Aragno
LES SAISONS de Maureen Fazendeiro
THE BOTANIST de Jing Yi
PERSPECTIVES
IF YOU ARE AFRAID YOU PUT YOUR HEART INTO YOUR MOUTH AND SMILE de Marie Luise Lehner
KHARTOUM de Anas Saeed, Rawia Alhag, Ibrahim Snoopy, Timeea Mohamed Ahmed & Phil Cox
MARIELLE, LA JEUNE FILLE QUI EN SAVAIT TROP de Frédéric Hambalek
VARIÉTÉ
RABBIT TRAP de Bryn Chainey
MUSIC HALL
SPRINGSTEEN : DELIVER ME FROM NOWHERE de Scott Cooper
CONTINUITÉS
ANCESTRAL VISIONS OF THE FUTURE de Lemohang Jeremiah Mosese
L’AMOUR QU’IL NOUS RESTE de Hlynur Pálmason
THE MASTERMIND de Kelly Reichardt
FILMS DU JURY
HERE de Bas Devos
LE MOINEAU DANS LA CHEMINÉE de Ramon Zürcher
INVITATION À CAMILLE COTTIN
LE PAYS D’ARTO de Tamara Stepanyan
JEUNE PUBLIC
ARCO de Ugo Bienvenu
NEWS
La sélection du festival
Le palmarès du festival
Nicolas Bardot
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