Critique : Vanilla

À la fin des années 1980 au Mexique, Roberta, âgée de huit ans, observe sa famille de sept femmes se battre pour sauver leur maison d’une dette croissante. Une lutte qui redéfinit la façon dont elle se voit elle-même et les personnes qui l’entourent.

Vanilla
Mexique, 2025
De Mayra Hermosillo

Durée : 1h36

Sortie : 13/05/2026

Note :

PARFUM DE VANILLE, AMOUR QUI PÉTILLE

Il y a beaucoup de bibelots dans la maison de Roberta : beaucoup de choses sur la commode, dans les tiroirs de la commode, dans les boites cachées dans les tiroirs. Il y a aussi beaucoup de monde dans la maison de Roberta, et rien que des femmes dans ce qui ne ressemble pas tout à fait à une famille comme les autres. Vanilla, premier long métrage de la Mexicaine Mayra Hermosillo, s’ouvre par des images de femmes de différentes générations qui s’amusent à la plage. Parmi elles, une plus jeune (et pourtant plus soucieuse) les regarde.

Dévoilé en compétition de la sélection Giornate degli autori à la Mostra de Venise, Vanilla raconte la vie qui continue au sein d’une famille, malgré les nuages qui s’amoncellent et la catastrophe qui s’annonce. Roberta, mères, tantes et grands-mères risquent de perdre leur maison remplie de tout un bordel. C’est un drame, mais les drames n’ont pas la même apparence ni le même cachet lorsqu’ils sont vécus dans des looks aux couleurs des années 80. La reconstitution délicieuse ajoute un charme à cette vive comédie dramatique. Les plans courts impriment un tempo efficace dans ce film qui de temps à autre, dans une veine moins sombre, peut évoquer le cinéma de la Mexicaine Lila Aviles.

« Puta ! », gueule le perroquet. Le ton est léger mais peu à peu, les couleurs chaleureuses s’affadissent à mesure que la lumière de l’espoir s’éteint. Mamie joue aux cartes en mangeant ses biscuits tandis que les courriers menaçants sont déposés dans la boite aux lettres. Le film effectue un va-et-vient efficace sur cette famille au bord du précipice, sur la vie qui reprend le dessus, et sur les emmerdes qui reviennent. Les protagonistes ne sont pas parfaites, ni dans la vie normale, ni dans le chaos – et la réalisatrice parvient à incarner ce chaos-là avec dynamisme, sans clichés pittoresques.

En creux, Vanilla compose l’émouvant récit d’apprentissage d’une gamine forcée de grandir un peu trop tôt. Dans une famille un peu différente, dans des conditions imprévues. Les figures et motifs sont connus, mais l’emballage, qu’il s’agisse de l’esprit ou du ton du film, possède une énergie communicative. Vanilla dépeint ce qu’on conserve et ce qu’on abandonne en grandissant, comme ce qu’on garde dans la poche et ce qu’on laisse finalement dans la maison.

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par Nicolas Bardot

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