Hana, seize ans, est secrètement amoureuse d’un garçon du coin connu pour ses vidéos en ligne. Alors que son père décède et que sa famille n’arrive pas à s’entendre sur la bonne manière de respecter ses dernières volonté, Hana réalise la difficulté qu’il y a à faire ce que tout le monde attend d’elle.
Otter
Montenegro, 2025
De Srđan Vuletić
Durée : 1h26
Sortie : –
Note : ![]()
SOLEIL TROMPEUR
It’s Hard to be Nice (soit c’est pas facile d’être sympa). Tel était le titre de l’un des précédents films du cinéaste bosnien Srđan Vuletić. Plus précisément, il s’agissait de son dernier film avant qu’il n’entame un hiatus de dix-sept ans auquel il a mis fin en réalisant coup sur coup deux longs métrages faisant tous deux leur première au Festival de Sarajevo. It’s Hard to be Nice est un titre qui correspondrait également très bien à Otter, récit d’apprentissage contrarié d’une adolescente qui n’a rien demandé à personne mais qui s’en prend quand même plein la figure.
Tout débute avec familiarité : Hana et les filles de sa classe gloussent de désir en regardant le beau gosse du quartier rouler des mécaniques torse nu en public. Cagole au masculin aux tentatives de drague bien cringe, ce denier se sert d’un pote timide comme faire-valoir et souffre-douleur. Entre le débile qui embrasse sa moto sans ironie, et cet acolyte ténébreux qui en comparaison a quand même l’air de posséder un demi cerveau, le cœur de Hana balance. Or l’heure est justement au trouble de la superposition puisque la météo annonce pour aujourd’hui une éclipse totale du soleil, et le trio a bien l’intention d’y assister.
Le récit pourrait s’arrêter là mais il commence en réalité ailleurs, par le décès du père de l’héroïne. Otter va se concentrer sur cette journée pas comme les autres, qui débute par un traumatisme pour se conclure sur un autre alors même qu’elle se déroule au bord d’un beau lac ensoleillé au Montenegro. Les situations traversées par l’héroïne n’ont rien d’unique et Otter ne cherche pas l’originalité à tout prix, mais le scénario de ce drame adolescent tout public sait faire preuve de suffisamment d’aspérité. Son ton parfois acide pour parler du mal-être adolescent (rappelant celui du Hongrois Hope You Die Next Time) apporte un relief inattendu à ce récit estival de désobéissance.
| Suivez Le Polyester sur Bluesky, Facebook et Instagram ! |
par Gregory Coutaut
