Gérardmer 2019 | Mandy

Pacific Northwest, 1983. Red Miller et Mandy Bloom mènent une existence paisible et empreinte d’amour. Quand leur refuge entouré de pinèdes est sauvagement détruit par les membres d’une secte dirigée par le sadique Jérémie Sand, Red est catapulté dans un voyage fantasmagorique marqué par la vengeance, le sang et le feu…

Mandy
États-Unis, 2018
De Panos Cosmatos

Durée : 2h01

Sortie : –

Note : 

Huit longues années se sont écoulées depuis la découverte de Panos Cosmatos avec la merveilleuse séance d’hypnose de Beyond the Black Rainbow. Panos Cosmatos est le fils de George Cosmatos qui, entre ses westerns (Tombstone) et ses films catastrophe (Le Pont de Cassandra), a réalisé des longs métrages tels que Cobra qui incarnent et capturent l’essence-même des années 80. Les rêveries de son fils, de Beyond the Black Rainbow à Mandy, semblent poursuivre le même esprit ; c’est un voyage dans le temps à la fois figé dans des codes et rendu vivant par l’émotion nostalgique qu’il suscite. Beyond et Mandy se déroulent d’ailleurs la même année, en 1983 – c’est comme si le temps, dans cette dimension parallèle, s’était arrêté.

Là où Beyond the Black Rainbow avait une logique poétique proche de l’expérimentation, Mandy s’inscrit davantage dans les motifs de la série B et plus précisément du film de vengeance. La lumière est rouge comme le danger et rose comme la séduction dans ce film qui, comme le dit l’un des personnages, « n’est qu’un beau rêve« . La dimension onirique est à nouveau très présente dans ce film où tout le monde semble dormir debout, mais Mandy varie plus les tons que le précédent long métrage du cinéaste. C’est un pari excitant, un pari risqué aussi. L’humour pataud ne sera pas du goût de tous, notamment lorsqu’il est servi par un Nicolas Cage aussi épais, quel que soit le niveau de lecture, que dans ses films de ces dernières années.

Malgré les réticences, il y a de quoi voir dans Mandy. Le film, très généreux, baigne en permanence dans un crépuscule psychédélique assez fascinant – qui aurait pu l’être encore plus en étant moins bavard et plus mystérieux. Il est parcouru de régulières idées visuelles (comme ce plan superbe où deux visages se confondent), et les sources lumineuses aux rayons envoûtants se soucient davantage des sens que du sens. Mandy n’est pas ce genre de long métrage dont la chambre et le bureau sont bien rangés, mais ce mélange d’ensorcellement multicolore, de violence pulp et de guignol lunaire est à dévorer les yeux grands ouverts.

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par Nicolas Bardot

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