Critique : M3gan

M3GAN est un miracle technologique, une cyber poupée dont l’intelligence artificielle est programmée pour être la compagne idéale des enfants et l’allié le plus sûr des parents. Conçue par Gemma, la brillante roboticienne d’une entreprise de jouets, M3GAN peut écouter, observer et apprendre tout en devenant à la fois l’amie et le professeur, la camarade de jeu et la protectrice de l’enfant à qui elle est liée. Quand Gemma devient tout à coups responsable de sa nièce de 8 ans, Cady, dont les parents sont soudainement décédés, elle n’est absolument pas prête à assumer son rôle. Débordée et sous pression au travail, elle décide de lier son prototype M3GAN à la petite fille, dans une tentative désespérée de résoudre ses problèmes sur ces deux fronts. Une décision qui va entrainer d’épouvantables conséquences.

M3gan
Etats-Unis, 2022
De Gerard Johnstone

Durée : 1h41

Sortie : 28/12/2022

Note :

JOLIE POUPÉE TU ME FAIS RÊVER

Suite au décès brutal de ses parents, Cady est placée chez sa tante Gemma. Cette dernière n’a ni le temps ni l’instinct maternel de s’occuper de Cady mais elle possède un atout secret. Employée du plus grand fabriquant de jouets robotisés, elle a conçue M3gan, une poupée ultraréaliste à l’intelligence artificielle conçue pour aider les enfants à jouer, apprendre et grandir. Le prototype n’est certes pas encore entièrement finalisé mais l’occasion est trop belle : tant pis pour les bugs, Cady servira de cobaye pour les premières leçons de cette poupée robot.

Enfin un véritable film de poupée tueuse ! Même si elle met un peu de temps à faire son apparition, M3gan est l’anti-Annabelle car rappelons que non seulement cette dernière ne tuait personne de ses mains, mais elle ne marchait ou parlait même pas, se contentant juste d’être posée dans le champ de la caméra tandis qu’un démon invisible faisait tout le boulot. A la fois film d’horreur et comédie, M3gan cherche de toute façon moins à être terrifiant que drôle et inquiétant, et dans ce cocktail réussi, la poupée est justement ce qu’il y a de plus drôle et d’inquiétant. Son visage est aussi lisse et dérangeant qu’un minois de mini-miss ou un filtre Instagram et pourtant elle est interprétée par une véritable jeune actrice. Ce réalisme physique place le film à la croisée du film de jouet vengeur et du film d’enfant tueur, soit deux genres à qui un traitement d’un sérieux sans nuances ne conviendrait pas, ce que les scénaristes du long métrage ont très bien compris.

Derrière le scénario de M3gan, on retrouve en effet Akela Cooper et James Wan, soit respectivement la scénariste et le réalisateur de Malignant, incroyable film d’horreur aux coups de théâtre flamboyants, hélas mal aimé et mal compris. M3gan ne possède certes pas le même degré de folie, et certaines scènes semblent exister avant tout pour donner lieu à des memes, mais la paire d’auteurs prouvent une nouvelle fois leur talent rare pour marier avec un bel équilibre l’horreur et le camp.

Qu’on se le dise : M3gan est l’un des films les plus camp de l’année, et c’est une qualité en or. Avec sa robe d’antan et ses jolies manières, cette fillette/robot est à la fois le souffre-douleur et le bourreau idéal, une première de la classe tête-à-claques qu’on ronronne de voir souffrir et faire souffrir. Voir M3gan, c’est finalement se rappeler avec plaisir pourquoi John Waters cite parmi ses modèles de vie Rhoda, la fillette aux couettes trop parfaites de La Mauvaise graine de Mervin LeRoy, l’un des films fondateurs du sous-genre des enfants tueurs.

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par Gregory Coutaut

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