Mostra de Venise | Critique : Arrested Memory

Lee est un super détective de police à Taipei. Après avoir perdu son équipe lors d’une enquête criminelle, il est hanté par la culpabilité et est transféré dans un commissariat rural. Traumatisé par l’incident, Lee développe une amnésie — mais il est déterminé à garder ça secret. Bientôt, il se voit confier une nouvelle affaire : l’enlèvement du fils d’un homme d’affaires japonais influent.

Arrested Memory
Japon, 2026
De Sabu

Durée : 1h27

Sortie : –

Note :

LA CHUTE EST FAMILIÈRE

Présenté hors compétition à la Mostra de Venise, Arrested Memory est le vingtième long métrage de Sabu, cinéaste japonais encore méconnu en France. En effet, nous fêtons cet automne les 25 ans de l’unique sortie d’un de ses films chez nous : la sympathique comédie surnaturelle Monday arrivée chez nous en octobre 2001. Depuis, plus rien. Cette absence est d’autant plus étonnante qu’entre temps Sabu n’a pas chômé, et a signé plusieurs excellents films remarqués dans des festivals influents, tel Miss Zombie (Grand Prix mérité à Gérardmer en 2014). On aimerait qu’Arrested Memory profite de cette date anniversaire pour réparer la situation, mais pas sûr que les charmes un peu convenus de cette comédie policière soit suffisamment efficaces pour inverser la vapeur.

Brièvement croisé chez Tsui Hark et Hou Hsiao-hsien, l’acteur taïwanais Ethan Juan prête ses airs charmeurs à Lee, détective qui n’ose avouer à quiconque l’amnésie qui le frappe soudainement, en pleine enquête sur un enlèvement. Arrested Memory a beau avoir une durée modeste (1h27), la gestion du rythme ne fait pas partie de ses points forts, le film démarre même dans la confusion. Une fois balayée cette introduction superflue, Sabu trouve la bonne vitesse pour mêler à parts égales action et comédie. La recette n’est pas unique, et sans avoir besoin d’une comparaison défavorable avec la production coréenne qui offre très régulièrement de tels cocktails, Sabu combinait cela de manière plus singulière dans son mélo-noir-cartoon Mr Long. La familiarité n’empêche heureusement pas tout plaisir, c’est en s’amusant à combiner une galerie de personnages secondaires tordus et attachants (un drogué clairvoyant, une aide à domicile délicieusement manipulatrice) que Sabu retrouve avec succès l’ironie acide qui fait le sel de ses meilleurs films.

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par Nicolas Bardot

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