Lorsque son colocataire Gao disparait, Shi part à sa recherche à travers la ville. Accompagné de Yy, la fiancée de Gao, il se lance dans une quête à la fois sur les plans humains et numériques.
Zoom In, Zoom Out
Chine, 2026
De Dong Jie
Durée : 1h57
Sortie : –
Note : ![]()
MA QUÊTE
Qu’une seule personne soit absente lors d’une réunion Zoom et tout le monde le remarque aussitôt. Pareil lors d’une partie de jeux en ligne, ou lors d’un échange sur messagerie instantanée. Une absence numérique est une absence tout court. Pourtant, lorsque Gao disparait de tous ces rendez-vous en ligne ainsi que de son appartement, son colocataire Shi est presque le seul à réagir. Ce n’est pourtant pas comme si les deux jeunes hommes avaient des choses urgentes à régler : même lorsqu’ils sortent de chez eux et explorent la ville qui les entoure, c’est toujours pour aller se réfugier dans le monde numérique, d’escape room robotique en recréations de trou noir dans un planétarium.
Le cinéaste chinois Dong Jie, qui signe ici son premier long métrage après s’être fait la main comme monteur (Summer Blur, Are You Lonesome Tonight ?), nous plonge à notre tour dans une bulle d’images. Il serait tentant de qualifier celles-ci de futuristes tant elles appartiennent au langage du cinéma de science fiction, mais ce serait en l’occurrence presque un contresens. Si le split screen qui ouvre Zoom In, Zoom Out vient faire un appétissant clin d’œil au cinéma des années 70 et 80, le monde informatique mis en scène par Dong Jie évoque plutôt les années 90. Les vidéos de surveillance rappellent l’émergence des found footage, tout en étant accompagnées d’une musique planante sortie des écrans d’attente d’un jeu vidéo vintage.
Fétichiste malin (plutôt que ringard), le cinéaste filme le présent en utilisant et récréant des codes qui créent une sympathique perte de repères. Pour un peu, on s’attendrait à entendre le grésillement d’un modem en arrière-fond de chaque scène. C’est cette atmosphère qui fait le sel de Zoom In, Zoom Out, plutôt qu’un récit qui, à l’instar de l’enquête de son protagoniste, tourne en rond et peine à tenir la longueur. Sans atteindre les vertiges du récent Light Pillar de son compatriote Xu Zao, Dong Jie propose à son public un pacte intrigant. En accompagnant le héros dans ses errances et explorations, le film obéit en effet moins à une trame cinématographique classique qu’à une logique que jeu vidéo immersif.
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par Gregory Coutaut
