À Los Angeles, AJ, lycéen discret, rencontre Kristen. Elle est passionnée de surf, lui de skateboard et de dessin. Ils tombent follement amoureux ; un avenir heureux se profile. Mais tout bascule lorsque Kristen tombe malade. Ensemble, ils se lancent dans un combat contre l’adversité, portés par la force de leur amour, leurs amis et leur passion désormais commune pour le surf et l’océan.
In Waves
France/Belgique, 2026
De Phuong Mai Nguyen
Durée : 1h31
Sortie : 01/07/2026
Note : ![]()
S’ETEINT LE SOLEIL
La question du deuil a traversé de nombreux films de l’édition 2026 du Festival de Cannes. Cette récurrence s’est retrouvée particulièrement mise en avant à la Semaine de la Critique, où les films d’ouverture (In Waves) et de clôture (Adieu monde cruel) se sont renvoyés en miroir des récits offrant des perspectives à la fois poignantes et galvanisantes sur les manières possible de vivre après et avec le deuil. Ce thème est central dans In Waves et son récit d’amour de jeunesse assombri par la maladie, mais ce film d’animation situé dans le milieu du surf californien n’a rien d’un pensum dépressif pour autant. Baigné de nostalgie, le résultat est à la fois cool, pop et très attachant.
In Waves est l’adaptation du roman graphique de l’auteur américain AJ Dungo. Il a sans doute fallu une audace certaine à la réalisatrice française d’origine vietnamienne Phuong Mai Nguyen (qui, de son propre aveu, ne pratique même pas le surf) pour traverser métaphoriquement l’Atlantique et s’approprier ainsi le récit son seulement intime mais carrément autobiographique d’un homme encore vivant. A cheval sur les frontières, le film l’est jusque dans son casting de voix puisqu’il a été doublé directement en deux versions, une française et une anglaise. Ne cherchez donc pas quel est la vraie version originale du film, c’est à vous de choisir.
Du matériau d’origine, le film de Phuong Mai Nguyen respecte le récit porté par les élans d’un romantisme adolescent. Elle y apporte deux modifications importantes. D’une part, elle occulte la biographie d’un des pères du surf injustement oublié par l’Histoire. Bien vu, car le parallèle originel avec le récit du protagoniste avait tendance à réduire maladroitement ce dernier en jérémiades d’un nerd qui se fantasme lui aussi en génie incompris. L’autre précieux apport, c’est le déluge de couleurs que la réalisatrice fait pleuvoir sur une œuvre à l’origine dessinée en sépia. De vagues turquoises en couchers de soleil roses et oranges, le coin de Californie ou se déroule l’action est sublimé jusqu’à l’artifice, offrant un ravissement pour les yeux. Quant à la bande originale composée par Oklou et Rob, elle vient souligner à merveille le doux équilibre de ce conte amoureux qui surfe entre le cool et la tristesse.
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par Gregory Coutaut
