Ohm Bauman, un romancier se retire dans une auberge en Irlande pour disperser les cendres de ses parents. Mais les récits du personnel au sujet d’une sorcière ancestrale hantant la suite nuptiale s’emparent peu à peu de son esprit…
Hokum
Irlande, 2026
De Damian McCarthy
Durée : 1h46
Sortie : 29/04/2026
Note : ![]()
FAIS-MOI PEUR
On aurait pu craindre que le succès et le bouche-à-oreille en festivals de la découverte qu’était Oddity (primé à SXSW, Neuchâtel, Gérardmer et on en passe) verraient le réalisateur irlandais Damian McCarthy vite appelé par les sirènes hollywoodiennes avides de lui fourguer des projets en toc. Il y a heureusement de quoi être doublement rassuré : non seulement Hokum vient confirmer toutes les sympathiques qualités horrifiques d’Oddity, mais McCarthy n’a pas quitté sa terre natale ilandaise. C’est même plutôt les Etats-Unis qui viennent à l’Irlande, sous la forme d’un protagoniste américain, auteur à succès de roman d’horreur et d’une saga merveilleuse inachevée ayant pour héros « le conquistador ». Inclure clin d’oeil ici.
L’hommage à Stephen King et au Pistolero protagoniste de sa saga La Tour sombre n’a pas besoin d’être souligné davantage et de fait, McCarthy a la finesse de ne pas pousser la référence plus loin qu’une séquence d’introduction. La mise en place du récit n’est de toute façon pas le moment où Hokum brille le plus. La talent de McCarthy est de parvenir à polir comme des petits sous neufs les archétypes du cinéma fantastique (maison hantée, sorcière, peur du noir, etc.), mais peut-être le ton trop pince-sans-rire de l’acteur américain Adam Scott, davantage connu pour ses rôles farfelus dans des séries, fait un peu trop ton sur ton. Peu importe finalement, car le meilleur est à venir.
Film d’hôtel gothique au sombres secrets, Hokum ne cherche pas à réinventer le genre avec l’arrogance d’un petit malin. L’admiration et le respect de McCarthy pour le genre ne nuisent pas du tout à l’efficacité de sa mise en scène, au contraire. Comme dans Oddity, le cinéaste excelle particulièrement au moment de mettre en scène les surgissements. Trop souvent réduits à des jump scares mécaniques dans les films d’horreur paresseux, ceux-ci reprennent ici tout leur délicieux sens de la surprise. McCarthy nous fait certes beaucoup sursauter, mais il évite l’agacement en sachant se montrer à chaque fois généreux dans la création d’une attente et d’une mise en place complice. On se demande quels sommets McCarthy pourrait viser avec des scénarios plus originaux entre les mains, mais en attendant, il fait déjà preuve d’un savoir-faire enviable au moment de nous faire bien peur.
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par Gregory Coutaut
