Hana, une étudiante en médecine, est terrorisée par un fantôme après avoir participé à une étrange mode pour perdre du poids : manger des cendres humaines.
Saccharine
Australie, 2026
De Natalie Erika James
Durée : 1h52
Sortie : –
Note : ![]()
PLEIN REGIME
La cinéaste australienne Natalie Erika James s’était fait repérer en 2020 avec Relic, un premier long métrage réussi qui invitait l’horreur dans le drame d’une famille confrontée à la maladie d’Alzheimer. Après une parenthèse américaine pour un préquel de Rosemary’s Baby, James revient en Australie et ausculte cette fois une autre forme de névrose : la dysmorphophobie. Hana, étudiante en médecine, s’imagine plus grosse et moins jolie qu’elle ne l’est en réalité. C’est moins un trouble narcissique qu’une authentique angoisse, et c’est bien ce qui la pousse à commettre deux erreurs.
La première : s’inscrire à un programme intensif de remise en forme uniquement dans le but secret de choper la coach hyper sexy (contre toute attente : elle y parvient, bravo). La deuxième : consommer des pilules miracles illégales qui s’avèrent uniquement composées de cendres humaines. Cette révélation devrait suffire à faire fuir n’importe quelle personne équilibrée, mais comme tous les protagonistes de légendes urbaines, Hana est trop têtue. Dès lors, elle ne se contente pas de perdre un poids inquiétant : la voilà poursuivie par le fantôme dont les cendres ont fini dans ses gélules.
Natalie Erika James remplace l’atmosphère d’inquiétant sérieux de Relic par la forme pop et fluo d’un bonbon acidulé. A vrai dire ce bonbon là pourrait viser une ivresse plus forte. Saccharine conserve en effet quelques défauts tels ce carnet dans lequel Hana note toutes ses péripéties alors même qu’on vient de les voir, et cette sous-intrigue avec papa qui semble avoir été agrafée au scénario sur le chemin de la photocopieuse. Á coup de blagues vachardes, le script slalome efficacement pour éviter la grossophobie, quitte à tomber sur une impasse en faisant justement du fantôme une créature obèse.
Sélectionné coup sur coup à Sundance et à la Berlinale, Saccharine n’est pas un déluge gore à la The Substance, c’est surtout lorsqu’elle jongle entre son versant gag (l’hilarante scène où Hana révèle son problème à sa collègue lesbienne) et ses visions saisissantes (un gâteau/cadavre, une tête de mort parmi les sacs poubelles) que cette comédie queer trouve son équilibre le plus juteux : celui d’un mauvais esprit évoquant Les Contes de la crypte, où le mauvais goût est une punition pour les personnages et une récompense pour les spectateurs.
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par Gregory Coutaut
