Critique : Reedland

Lorsqu’il découvre le corps sans vie d’une jeune fille sur ses terres, Johan, fermier solitaire, est submergé par un étrange sentiment. Alors qu’il s’occupe de sa petite-fille, il se lance à la recherche de la vérité, déterminé à faire la lumière sur ce drame. Mais le mal se cache parfois derrière les apparences les plus ordinaires… 

Reedland
Pays-Bas, 2025
De Sven Bresser

Durée : 1h52

Sortie : 03/12/2025

Note :

COUPE COUPE

Johan coupe des roseaux. Les cheveux blancs de cet agriculteur ne l’empêchent pas d’exécuter cette tâche physique et répétitive : trancher, empaqueter et brûler les roseaux. Qu’ils soient enracinés et recouvrent l’horizon marécageux ou bien qu’ils flambent dans une étonnante fumée presque orange, ces pousses typiques du nord des Pays-Bas ont une manière magnétique d’envahir l’image et d’imposer une atmosphère singulière, comme si elles étaient sans cesse sur le point de nous murmurer un secret.

On doit bien dire qu’il faut attendre patiemment les premières lignes de dialogues de Reedland. Avant l’arrivée de sa petite-fille venue passer des vacances au vert, Johan le solitaire n’a pas grand monde avec qui partager son quotidien et dans cette région-là l’ambiance entre les différents villages est plutôt à la méfiance méchante qu’à l’entraide. Lorsque le cadavre d’une jeune fille est découvert dans les roseaux de Johan, les soupçons se tournent d’ailleurs bien moins vers lui que vers les sales mecs du bled voisin.

Reedland n’est pas strictement un film policier. S’il y a bien enquête, on réalise vite que ce n’est pas le dénouement de cette dernière qui va importer le plus. C’est l’atmosphère qui fait le sel de ce slow burner roulant avec une économie étonnante. Plutôt que de chercher la tension à tout prix, le cinéaste néerlandais Sven Bresser donne une place notable au vide, à la fois dans son scénario taiseux et sa mise en scène tout en cadrages rigoureux. Cette observation minutieuse de la noirceur de la nature humaine et de la nature tout court évoque par moments le récent Le Mal n’existe pas de Hamaguchi. Reedland est d’une échelle plus réduite qui n’empêche pas les imperfections de rythme, mais possède sa propre personnalité entêtante.

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par Gregory Coutaut

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