Ella et Charlie sont réveillés un matin par leur père et embarquent à bord de leur véhicule de fortune pour un road-movie à travers les paysages de la Californie et du Nebraska, vers une destination inconnue…
Omaha
Etats-Unis, 2025
De Cole Webley
Durée : 1h26
Sortie : 17/06/2026
Note : ![]()
ENCORE UN TOUR
« Imagine que la maison est en feu ». Prononcer cette phrase à des enfants pour tenter de les sortir rapidement du lit pourrait donner lieu à la plus grande des panique, mais celle-ci est au contraire prononcée par papa avec beaucoup de douceur. Le soleil vient à peine de se lever mais il faut faire sa valise et partir du domicile familial sur la pointe des pieds. Il n’y a pas l’air d’avoir de danger à l’horizon mais il n’y a pas vraiment l’air d’avoir d’autre option possible non plus. Les bribes de discussion avec une agente de police sur le pas de la porte nous font comprendre à demi-mots que le protagoniste et ses deux jeunes enfants seront légalement expulsés de chez eux s’ils ne partent pas illico de leur plein gré.
Cet échange informatif bien pratique pour le spectateur a lieu sans que les enfants puissent l’entendre, et tel est l’enjeu du scénario. Papa emmène sa fille et son fils en road trip direction le zoo de la ville d’Omaha, tout en leur cachant la raison plus sombre qui les pousse à soudain prendre la route. Premier long métrage du cinéaste américain Cole Webley, Omaha obéit à beaucoup d’archétypes du genre, et la familiarité de ces images d’Epinal américaines offre au film un plaisir confortable mais aussi une limite d’ambition.
Parmi les clichés dont on pourrait se passer, il y a le surjeu très américain de la toute jeune actrice interprétant la fille du héros avec les larmes d’une tragédienne en roue libre. Parmi ceux dont ne se lasse au contraire pas encore, il y a cette généreuse imagerie d’une Amérique à la fois marginale et à la mythologie toujours renouvelée. Dans le rôle du jeune papa tendre et loser au cœur brisé (le genre de personnage dans lequel plein de mecs auront envie de se fantasmer un peu trop facilement), on retrouve John Magaro, l’un des protagonistes de First Cow. Sur l’échelle de la réinvention subversive des mythes américain, Omaha se situe très loin de Kelly Reichardt. Sans chercher à réinventer une quelconque roue, le film nous propose plutôt un nouveau tour de piste familier et plaisant sur une route sentimentale et nostalgique.
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par Gregory Coutaut
