Un vieil homme sans abri se lie d’amitié avec un alien planqué dans des toilettes au bord d’une autoroute.
Sasyq
Kazakhstan, 2025
De Yerden Telemissov
Durée : 1h36
Sortie : –
Note : ![]()
MON POTE LE MONSTRE
Sasyq est le premier long métrage du Kazakh Yerden Telemissov, dont la carrière consistait jusqu’ici à être acteur (on a pu le croiser dans Assaut de son compatriote Adilkhan Yerzhanov) et surtout cascadeur. Aucune baston à signaler ici, le registre est tout autre. On devrait d’ailleurs parler de registres au pluriel car s’il y a bien une pirouette au crédit de Telemissov, c’est son appétit chaotique pour les changements de registres. Tout débute avec une hilarante séquence à l’humour très noir dans lequel un homme tente par tous les moyens de mettre fin à ses jours. S’ensuit un portrait de groupe grinçant ou quelques marginaux à qui on ne la fait pas font la nique à des policiers fanfaronnant dans leurs beaux costumes (soit une dynamique qui rappelle justement Yerzhanov, mais seulement pour un moment). On n’en est encore qu’au début puisque l’arrivée d’un extraterrestre dans ce coin de campagne kazakh va donner lieu à plus d’une superposition de genres contre nature.
Science fiction old school, fable pour jeune public, caricature politique grinçante, crowd pleaser candide avec un cœur gros comme ça mais aussi avec des blagues scato en veux-tu en voilà (la majorité de l’action se déroule dans des toilettes, et c’est vrai que ce vaisseau spatial ressemble à une poire à lavement)… Sasyq n’est peut-être pas le mille-feuille le plus équilibré qui soit mais c’est justement son coté fourre-z’y-tout à l’absurdité assumée qui le rend attachant. Difficile de dire à quel public le film s’adresse avant tout mais c’est peut être justement là son pouvoir presque magique : parvenir à rassembler en un ensemble bancal mais homogène des spectatrices et spectateurs aux attentes opposées. C’est ainsi que l’on interprète les éclats de rires, hoquets de surprise et applaudissements ayant accompagné la projection du film à Neuchâtel. En sélectionnant en première internationale, et directement en compétition, cet ovni potache et de poche, le festival fait preuve d’un sens aigu de la surprise et de l’éclectisme.
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par Gregory Coutaut
