Quels sont les films à ne pas manquer en septembre ? Le Polyester vous propose sa sélection de longs métrages à découvrir en salles.

• La Voie du serpent, Kiyoshi Kurosawa (3 septembre)
L’histoire : Albert Bacheret est un père dévasté par la disparition inexplicable de sa fille de huit ans. Alors que la police semble incapable de résoudre l’affaire, il décide de mener sa propre enquête et reçoit l’aide inattendue de Sayoko, une énigmatique psychiatre japonaise. Ensemble, ils kidnappent des responsables du « Cercle », une société secrète. Mais chaque nouvel indice mène à un nouveau suspect qui présente toujours une version différente des faits…
Pourquoi il faut le voir : A l’honneur une troisième fois cette année après les sorties de Cloud et de Chime, le prolifique Kiyoshi Kurosawa signe un film noir venimeux, à la mise en scène brillante et à l’écriture efficacement épurée.

• Sirāt, Oliver Laxe (10 septembre)
L’histoire : Au cœur des montagnes du sud du Maroc, Luis, accompagné de son fils Estéban, recherche sa fille aînée qui a disparu. Ils rallient un groupe de ravers en route vers une énième fête dans les profondeurs du désert. Ils s’enfoncent dans l’immensité brûlante d’un miroir de sable qui les confronte à leurs propres limites.
Pourquoi il faut le voir : Prix du jury au dernier Festival de Cannes, Sirāt est un voyage unique, tantôt halluciné, tantôt crève-cœur. Une chose est sûre : ce film qui laisse bouche bée devrait vous permettre, lors de certaines scènes, d’apprécier un silence absolu dans la salle.

• Premières classes, Kateryna Gornostai (10 septembre)
L’histoire : En Ukraine, maintenir les écoles ouvertes est devenu un acte de résistance. Sur la ligne de front ou dans des zones plus reculées, l’apprentissage continue malgré les alertes, les coupures d’électricité et les menaces constantes. Un témoignage précieux où chaque image raconte la ténacité et la dignité face au chaos.
Pourquoi il faut le voir : Découvert en compétition à la Berlinale, ce documentaire raconte avec finesse le quotidien dans un contexte extraordinaire. La réalisatrice offre un témoignage profondément humaniste dont les contrastes sont poignants.

• La Tour de glace, Lucile Hadzihalilovic (17 septembre)
L’histoire : Années 1970. Jeanne fugue de son foyer de haute montagne pour rejoindre la ville. Dans le studio où elle s’est réfugiée, la jeune fille tombe sous le charme de Cristina, l’énigmatique star du film La Reine des Neiges, son conte fétiche. Une troublante relation s’installe entre l’actrice et la jeune fille.
Pourquoi il faut le voir : Ours d’argent à la Berlinale, ce conte est porté par une mise en scène hypnotique et la réalisatrice n’a rien perdu de sa capacité à ouvrir l’imaginaire. Dans la précieuse filmographie d’Hadzihalilovic, La Tour de glace est une nouvelle merveille envoûtée et envoûtante.

• Oui, Nadav Lapid (17 septembre)
L’histoire : Israël au lendemain du 7 octobre. Y., musicien de jazz précaire, et sa femme Jasmine, danseuse, donnent leur art, leur âme et leur corps aux plus offrants, apportent plaisir et consolation à leur pays qui saigne. Bientôt, Y. se voit confier une mission de la plus haute importance : mettre en musique un nouvel hymne national.
Pourquoi il faut le voir : Cette comédie dramatique met les pieds dans le plat pour dénoncer le génocide en cours en Palestine, et ce avec une vulgarité et une brutalité qui laissent bouche bée. Combien de films peuvent se vanter de nous faire sortir de la salle avec la tête qui tourne à ce point ?

• L’Intérêt d’Adam, Laura Wandel (17 septembre)
L’histoire : Face à la détresse d’une jeune mère et son fils, une infirmière décide de tout mettre en œuvre pour les aider, quitte à défier sa hiérarchie.
Pourquoi il faut le voir : Dévoilé en ouverture de la Semaine de la Critique, L’Intérêt d’Adam démontre une nouvelle fois le savoir-faire du jeune cinéma belge quand il s’agit de tisser l’émotion d’un drame intime et la tension du cinéma social.

• Kontinental ’25, Radu Jude (24 septembre)
L’histoire : Orsolya est huissière de justice à Cluj, en Transylvanie. Elle doit un jour expulser un sans-abri qui vit dans le sous-sol d’un immeuble du centre-ville transformé en hôtel de luxe. Un événement inattendu la met brusquement face à ses contradictions.
Pourquoi il faut le voir : En compétition en début d’année à la Berlinale, Kontinental ’25 est une nouvelle farce chaotique signée par un maître de la tragi-comédie humaine. Une farce radicale à l’humour corrosif et au réjouissant mauvais esprit.

• Put Your Soul on Your Hand and Walk, Sepideh Farsi (24 septembre)
L’histoire : Put your soul on your hand and walk est ma réponse en tant que cinéaste, aux massacres en cours des Palestiniens. Un miracle a eu lieu lorsque j’ai rencontré Fatem Hassona. Elle m’a prêté ses yeux pour voir Gaza où elle résistait en documentant la guerre, et moi, je suis devenue un lien entre elle et le reste du monde, depuis sa « prison de Gaza » comme elle le disait. Nous avons maintenu cette ligne de vie pendant plus de 200 jours. Les bouts de pixels et sons que l’on a échangés sont devenus le film que vous voyez. L’assassinat de Fatem le 16 avril 2025 suite à une attaque israélienne sur sa maison en change à jamais le sens.
Pourquoi il faut le voir : Sélectionné à Cannes dans le cadre de l’ACID, ce documentaire est une vive leçon d’espoir insubmersible, qui revêt aujourd’hui un relief encore plus poignant après l’assassinat de sa protagoniste lors d’un bombardement israélien ce printemps.
• Retrouvez notre dossier sur les films à ne pas manquer en août.
Nicolas Bardot
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