Quels sont les films à ne pas manquer en juillet ? Le Polyester vous propose sa sélection de longs métrages à découvrir en salles.

• The Ugly Stepsister, Emilie Blichfeldt (2 juillet)
L’histoire : Dans un royaume où la beauté règne en maître, la jeune Elvira doit faire face à une redoutable concurrence pour espérer conquérir le cœur du prince. Parmi les nombreuses prétendantes, se trouve notamment sa demi-sœur, à l’insolente beauté. Pour parvenir à ses fins dans cette impitoyable course au physique parfait, Elvira devra recourir aux méthodes les plus extrêmes…
Pourquoi il faut le voir : Inspiré de Cendrillon (mais une Cendrillon à l’heure de The Substance), The Ugly Stepsister est un récit d’apprentissage acidulé mais aussi une farce féroce. Grâce à un ton gonflé, une direction artistique soignée et une remarquable photo, ce long métrage signé par la Norvégienne Emilie Blichfeldt une drôle d’expérience.

• L’Aventura, Sophie Letourneur (2 juillet)
L’histoire : Les vacances d’été. Sardaigne, Italie. Un (road) trip en famille. Claudine, bientôt 11 ans, raconte leurs aventures au fur et à mesure. Quand Raoul, son frère de 3 ans, ne l’en empêche pas.
Pourquoi il faut le voir : Dévoilé au dernier Festival de Cannes dans le cadre de l’ACID, L’Aventura est une comédie névrosée d’inspiration autobiographique où Sophie Letourneur se met une nouvelle fois en scène pour un voyage transalpin gentiment chaotique. Derrière les jeux de miroirs narratifs et les blagues crades, L’Aventura est sans doute son film le plus singulier.

• La Trilogie d’Oslo / Rêves, Dag Johan Haugerud (2 juillet)
L’histoire : Johanne tombe amoureuse pour la première fois de sa vie, de sa professeure. Elle relate ses émotions dans un carnet. Quand sa mère et sa grand-mère lisent ses mots, elles sont d’abord choquées par leur contenu intime mais voient vite le potentiel littéraire. Tandis qu’elles s’interrogent, entre fierté et jalousie, sur l’opportunité de publier le texte, Johanne se démène entre la réalité et le romanesque de son histoire…
Pourquoi il faut le voir : Ours d’or à la dernière Berlinale, Rêves du Norvégien Dag Johan Haugerud est une comédie dramatique qui prend la forme d’un journal intime queer. Derrière le cocon de plaids et de lumières cosy, il y a un récit d’apprentissage parfois inconfortable, entre touches d’humour et amère honnêteté.

• Le Rire et le couteau, Pedro Pinho (9 juillet)
L’histoire : Sergio voyage dans une métropole d’Afrique de l’Ouest pour travailler comme ingénieur environnemental sur la construction d’une route entre le désert et la forêt. Il se lie à deux habitants de la ville, Diara et Gui, dans une relation intime mais déséquilibrée. Il apprend bientôt qu’un ingénieur italien, affecté à la même mission que lui quelques mois auparavant, a mystérieusement disparu.
Pourquoi il faut le voir : Très remarquée au dernier Festival de Cannes où il a été primé dans le cadre de la compétition Un Certain Regard, cette fresque sensuelle et énigmatique de 3h30 pose d’ambitieuses questions politiques sur le colonialisme et le capitalisme, tout en demeurant avant tout une expérience sensorielle queer et libre.

• Jeunesse (retour au pays), Wang Bing (9 juillet)
L’histoire : Le Nouvel An approche et les ateliers textiles de Zhili sont quasi-déserts. Les quelques ouvriers qui restent peinent à se faire payer avant de partir. Des rives du Yangtze aux montagnes du Yunnan, tout le monde rentre célébrer la nouvelle année dans sa ville natale. Pour Shi Wei, c’est aussi l’occasion de se marier, ainsi que pour Fang Lingping. Son mari, ancien informaticien, devra la suivre à Zhili après la cérémonie. L’apprentissage est rude mais ne freine pas l’avènement d’une nouvelle génération d’ouvriers.
Pourquoi il faut le voir : Dernier volet de la monumentale trilogie signée par le grand cinéaste chinois, Jeunesse (retour au pays) montre ce qui pourrait ressembler à une parenthèse. Mais même loin du travail, tout le monde semble prisonnier d’un système exsangue malgré les célébrations. Une autre perspective qui apporte encore plus de vertige au projet-fleuve du réalisateur.

• Dìdi, Sean Wang (16 juillet)
L’histoire : Californie, été 2008. A 13 ans, Chris, alias Didi, grandit entre deux mondes. À la maison, on parle chinois, et on respecte les coutumes, sous la surveillance de Chungsing, la mère de famille ; dehors, c’est le royaume de la liberté, entre le skate, les potes et les premiers émois. Pour Chris, cet été sera celui de toutes les expériences, comme pour dire adieu à son enfance.
Pourquoi il faut le voir : Doublement primé au Festival de Sundance, Dìdi fait le récit simple et pourtant rare des expériences traversées par un gamin asio-descendant aux États-Unis. Sean Wang pose les questions du racisme normalisé, subi ou intériorisé, déployant ainsi le charme de la comédie tendre vers une histoire plus amère et mélancolique.

• Moon, Kurdwin Ayub (16 juillet)
L’histoire : Sarah est une ancienne kickboxeuse professionnelle de Vienne. Elle accepte de travailler comme coach pour une riche famille du Moyen-Orient. Elle se retrouve dans un palais entouré de murs et coupé d’Internet, où les sœurs sont surveillées en permanence. Elles n’ont aucune envie d’apprendre à boxer. Alors pourquoi Sarah a-t-elle été amenée ici ?
Pourquoi il faut le voir : Distingué au dernier Festival de Locarno, Moon trouve avec intelligence le bon point de vue et évite les pièges du film de white savior. La réalisatrice autrichienne parvient à installer une tension sans effets artificiels – elle n’a jamais le mauvais goût de transformer le long métrage en film de genre haletant. Un drame puissant et complexe, où le récit social emprunte au conte.

• Kouté Vwa, Maxime Jean-Baptiste (16 juillet)
L’histoire : Melrick, un adolescent de 13 ans, passe ses vacances d’été chez sa grand-mère Nicole, à Cayenne, en Guyane. Sa présence et son désir d’apprendre à jouer du tambour fait resurgir le spectre de Lucas, le fils de Nicole, lui aussi tambouyé, mort dans des conditions tragiques 11 ans plus tôt. Confronté au deuil qui hante sa famille et au désir de vengeance du meilleur ami de Lucas, Melrick cherche sa propre voie vers le pardon.
Pourquoi il faut le voir : Très remarqué au fil d’une riche carrière en festivals, Kouté Vwa de Maxime Jean-Baptiste (lire notre entretien) est un récit d’apprentissage hybride entre fiction et documentaire qui donne à voir l’un de territoires français les moins représentés au cinéma : la Guyane. Une histoire intime, mais aussi le portrait collectif d’une société à l’héritage violent et complexe.

• Super Happy Forever, Kohei Igarashi (16 juillet)
L’histoire : Sano est de retour à Izu, au bord de la mer. Il semble absent à lui-même et à ce qui l’entoure, sauf à cette casquette rouge qu’il cherche obstinément. Il est en quête d’un signe, d’une trace, de quelque chose qui pourrait attester d’un événement survenu ici, en réincarner le souvenir.
Pourquoi il faut le voir : Le Japonais Kohei Igarashi filme les solitudes qui se font ou se défont dans ce drame dévoilé lors de la dernière Mostra de Venise. Il y a une grâce subtile dans l’écriture et la construction de ce mélodrame sentimental en sourdine, dont on ne filme jamais les événements mais que l’on ressent comme si on les voyait.

• Dangerous Animals, Sean Byrne (23 juillet)
L’histoire : Zephyr, une surfeuse intrépide au tempérament libre est kidnappée par un tueur en série obsédé par les requins. Séquestrée sur son bateau et confrontée à la folie de son ravisseur, elle va devoir se battre pour survivre face à tous les prédateurs…
Pourquoi il faut le voir : Remarqué il y a quelques années avec des films d’horreur mordants tels que The Loved Ones et The Devil’s Candy, l’Australien Sean Byrne a fait une apparition surprise à Cannes avec… un film de requins. Au pluriel, car ils ne sont pas les seules bêtes féroces dans ce thriller horrifique généreux, sauvage et jubilatoire.

• My Father’s Son, Qiu Sheng (23 juillet)
L’histoire : Qiao, 18 ans, vient de terminer ses examens d’entrée à l’université lorsqu’il apprend la mort de son père, un homme brutal et secret, qui lui a légué sa passion pour la boxe. Des années plus tard, devenu ingénieur, Qiao développe un logiciel d’entraînement de boxe utilisant l’intelligence artificielle. Il modélise un adversaire virtuel reprenant les traits de son père, qui bientôt lui échappe..
Pourquoi il faut le voir : Révélé avec le magnifique Suburban Birds dont la sortie française a finalement dû être annulée suite à des déboires avec la censure chinoise, le jeune Qiu Sheng signe un drame père-fils évitant les clichés du genre, porté par le regard intelligent du cinéaste dont la mise en scène est régulièrement inventive. (critique bientôt en ligne)

• Perla, Alexandra Makarová (30 juillet)
L’histoire : Vienne, au début des années 1980. Artiste indépendante et mère célibataire, Perla s’est construit une nouvelle vie avec Josef, son mari autrichien, et Júlia, sa fille. Mais le jour où Andrej, le père de Júlia, sort de prison et tente de reprendre contact, le passé ressurgit. Poussée à retourner en Tchécoslovaquie communiste qu’elle avait quittée, Perla entreprend un dangereux voyage, quitte à mettre en péril son avenir et celui de sa fille.
Pourquoi il faut le voir : Dévoilé en début d’année au Festival de Rotterdam, Perla est un drame parano habilement mené, à la reconstitution intelligente et qui sait changer de tonalité avec talent. La réalisatrice slovaque Alexandra Makarová (lire notre entretien) signe un film imprévisible qui épouse avec finesse le parcours de son héroïne.
Nicolas Bardot
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