Un adolescent introverti, qui n’a connu le sexe qu’à travers la société de films pornographiques de son père, est mis au défi par une camarade de nouer une relation authentique.
Truly Naked
Pays-Bas/Royaume-Uni, 2026
De Muriel d’Ansembourg
Durée : 1h42
Sortie :
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ME METTRE A NU EN PLEIN JOUR
Quel travail faisait votre père quand vous étiez ado? Le père d’Alec est réalisateur, producteur et acteur de films porno. Dans la maison où ils vivent tous les deux, Alex est l’assistant réalisateur idéal, maniant chastement la caméra pendant que papa s’envoie en l’air avec des filles plus jeunes que lui. Glauque ? Eh bien non. Ayant tous les deux la tête sur les épaules, fiston et son papa poule sont sur la même longueur d’ondes. Leurs films n’ont pas vocation à voler très haut mais les filles sont traitées avec respect et tout cela roule avec le bon sens chaleureux d’une petite entreprise familiale comme les autres.
Pour un film situé dans une boîte de porno amateur, Truly Naked s’avère relativement chaste. Ne visant ni la dimension politique du réalisme social britannique ni le malaise grinçant du cinéma autrichien, la réalisatrice Muriel d’Ansembourg reproduit surtout ici les schémas universels du récit d’éducation sentimentale adolescente. Entre Alec, grand dadais n’ayant paradoxalement jamais pratiqué l’amour, et Nina, dont les t-shirts arborent des slogans féministes, la carte du tendre est respectée sans chamboulement. On serait presque surpris de ne pas être davantage surpris. A l’exception d’une sexe de scène vraiment tordue qu’on ne divulgâchera pas, Truly Naked n’est pas provocant, c’est au contraire dans sa majeure partie une quasi comédie romantique facile d’accès aux personnages aisément aimables.
A travers cette forme dont la familiarité peut sembler trop sage, Truly Naked parvient néanmoins à faire passer des idées rafraîchissantes. Le film respecte à égale mesure ses personnages chastes comme ceux au grand appétit sexuel, et sa dédramatisation du monde du porno n’est pas naïve : le scénario n’occulte pas la question du consentement, de l’addiction, de l’inégalité entre homme et femmes. Le personnage d’Alec ne s’épaissit peut-être pas tant que ça au cours de son apprentissage romantique et c’est avant tout à travers ses personnages féminins que le film transmet sa modernité, à mesure que ce portrait de garçon sensible laisse finalement la place à des discussions entre filles pour savoir si le porno est ou non un moyen d’épanouissement féministe. Muriel d’Ansembourg fait preuve d’un certain talent pour articuler de telles idées sans didactisme et sans trancher à la place de ses personnages.
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par Gregory Coutaut
