En République Dominicaine, des femmes parlent de leur vie dans un pays où l’avortement est, sans aucune exception, interdit.
Scarlet Girls
République Dominicaine, 2026
De Paula Cury Melo
Durée : 1h10
Sortie : –
Note : ![]()
DE VIVE VOIX
« Je me souviens » sont les premiers mots qu’on peut entendre dans Scarlet Girls, réalisé par la Dominicaine Paula Cury Melo. Dévoilé dans la compétition Human:Rights du Festival CPH:DOX, consacrée comme son nom l’indique à des documentaires dont les thématiques portent sur des droits humains, Scarlet Girls recueille les témoignages de différentes protagonistes parlent de leur rapport au sexe (et plus précisément à la violence sexuelle), à la grossesse, à la maternité et à l’avortement dans un pays où ce dernier demeure puni par la loi.
L’une décrit le viol infligé par son beau-père, l’autre raconte son expérience de l’avortement : ces différents vécus composent une image plus grande des droits des femmes complètement bafoués dans le pays. C’est la « rage » qui habite l’une des femmes interrogées. Aux voix des élu.es ou des illuminé.es du métro, à l’hypocrisie des soi-disant « pro-life », s’oppose l’authenticité des histoires intimes. « Ils ne savent pas ce que c’est de porter de porter un enfant ou un fœtus qu’on ne veut pas », commente t-on avec désolation.
Pour ne pas faire tomber ses interlocutrices sous le coup de la loi, Paula Cury Melo n’enregistre que les voix des intervenantes. L’expressivité dans le film vient de ces témoignages forts, mais aussi de ce qui est filmé : d’autres visages comme des relais, une chambre avec des peluches ou une dinette, un toboggan dehors ou des ongles faits. Paula Cury Melo travaille un contraste fort entre la dureté des témoignages et la dimension colorée et lumineuse des images. Ce sont des histoires en apparence solitaires, mais les séquences finales, telles qu’elles sont mises en scène, suggèrent une chaleureuse manière de briser la solitude.
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par Nicolas Bardot
