Mutés à titre disciplinaire à Sainte-Marie-aux-Mines, en Alsace, les inspecteurs Crab et Conrad se voient confier une enquête apparemment sans difficulté : la disparition d’une bague. Mais ce qui devait être une simple formalité se transforme rapidement en affaire complexe, bouleversant la tranquille routine de ce duo de célibataires endurcis.
Sainte-Marie-aux-Mines
Belgique, 2025
De Claude Schmitz
Durée : 1h36
Sortie : 11/02/2026
Note : ![]()
COMPLÈTEMENT À L’EST
Sainte-Marie-aux-Mines : ses églises, sa rivière, son quotidien paisible, sa population déclinante. Deux enquêteurs losers y ont été mutés – et on devine assez vite que ce n’est pas pour récompenser leurs qualités de super flics. Crab et Conrad vont devoir enquêter sur la mystérieuse disparition d’une bague : voilà qui devrait occuper ces glandus inoffensifs dans cette petite ville où il ne semble pas y avoir grand-chose à faire. Leur supérieure se méfie de possibles embrouilles. L’un des deux lurons paraît davantage intéressé par les attractions touristiques de l’est de la France. L’enquête est-elle tombée dans les pires mains possibles ?
De fait, tout le monde à Sainte-Marie-aux-Mines semble moins con que les enquêteurs. Mais Crab comme Conrad ne sont peut-être pas si cons, juste totalement inadaptés. Voilà qui les rend humains, car qui peut vraiment prétendre être adapté à l’absurdité intégrale du monde ? Crab et Conrad jouent tout simplement le rôle qu’on leur a donné : des inspecteurs qui font semblant de savoir ce qu’ils font, comme plein de gens dans la vie font semblant de connaître leur métier, de croire en ce qu’ils disent, de croire en eux-mêmes. Les deux antihéros jouent sans le savoir dans une comédie – et le Belge Claude Schmitz (lire notre entretien) en tire lui-même une comédie irrésistible.
Avec finesse et intelligence, Schmitz signe une farce plus tendre que moqueuse. Grâce au regard du cinéaste, Sainte-Marie-aux-Mines échappe à la formule figée d’un mauvais épisode de Strip-Tease. Le film révèle ses différentes tonalités, à l’image de ses personnages qui se révèlent eux-mêmes. Comment tomber le masque et quitter le rôle aliénant que chacun joue en société ? Par l’amour peut-être, réponse naïve mais seule vraie réponse. « Tu vas continuer longtemps à baguenauder ? », demande l’un des protagonistes à l’autre. Mais la meilleure vie est peut-être justement ailleurs, cachée pas si loin. Bonus non négligeable dans cette réjouissante surprise : Sainte-Marie-aux-Mines possède l’une des meilleures fins de film vue depuis des lustres.
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par Nicolas Bardot
