Festival de Sundance | Critique : Rock Springs

Après la mort de son père, une jeune fille déménage dans une maison isolée dans une nouvelle ville avec sa mère et sa grand-mère. Elle découvre qu’il y a quelque chose de monstrueux caché dans l’histoire de la ville et dans les bois derrière leur nouvelle maison. 

Rock Springs
Etats-Unis, 2026
De Vera Miao

Durée : 1h37

Sortie : –

Note :

POUR DE VRAI

Une fillette muette, une mamie aux rituels morbides, une poupée flippante trouvée par hasard… Lorsque l’héroïne de Rock Springs emménage dans sa toute nouvelle maison, on a eu peu l’impression qu’elle déboule dans la maison témoin du film d’horreur. Pour son premier long métrage, la cinéaste Vera Miao n’a pas peur de ressortir les archétypes du genre et la première impression donnée par Rock Springs n’est pas la perte de repères. On croit pouvoir prédire d’avance le programme de la visite, à tort. On pensait être entré dans une maison hantée ? Rock Springs ressemble pourtant par moments davantage à un survival ou  à un drame digne plein de violoncelle.

Difficile de rendre hommage à l’ambition narrative du film sans divulgâcher des éléments importants de son scénario, qui méritent d’être découverts sans a priori. L’écriture de Vera Miao n’est pas toujours d’une grande finesse, à vrai dire les dialogues sont souvent inutilement explicatifs et les visions horrifiques tiennent davantage du clin d’œil appuyé que de l’invention. Mais la réalisatrice possède néanmoins un sens aigu de la surprise, et cette structure scénaristique toute en ruptures franches n’a pas tant pour but de nous mener ludiquement par le bout du nez que de construire progressivement un cours d’histoire à l’ambition inattendue.

S’il y a bien un archétype que la réalisatrice twiste fort, c’est celui (fréquent dans le cinéma d’horreur américain des années 80), de la malédiction de la maison construite sur un cimetière indien. Vera Miao fait mine d’agiter des fantômes convenus et inoffensifs pour en réalité raconter une histoire d’autant plus glaçante qu’elle est vraie. Si la raison d’être du cinéma d’horreur est de traduire en images métaphoriques un inconscient collectif, alors Rock Springs fait mouche, et cela moins grâce à sa réinvention du genre qu’à un effet de réel qui apporte à l’ensemble une sorte de solennité. Dans n’importe quel autre genre, voir au générique de fin les photos en noir et blanc des vraies personnes ayant inspiré le film est devenu un cliché, mais dans combien de films d’horreur a-t-on déjà vu ça? C’est avant tout le réel qui fait ici froid dans le dos.

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par Gregory Coutaut

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