Nurith Aviv a demandé à des amies et amis de se raconter à travers leur prénom.
Prénoms
France, 2026
De Nurith Aviv
Durée : 1h22
Sortie : 11/03/2026
Note : ![]()
ON S’APPELLE ?
« Le prénom est un don, un choix, un message que l’on peut questionner, interpréter et réinventer tout au long de sa vie » : voilà le moteur de Prénoms, documentaire réalisé par la Française Nurith Aviv et dévoilé au Forum de la Berlinale. Son dispositif est particulièrement simple : la réalisatrice part à la rencontre d’une dizaine de ses ami•es, chacun•e racontant l’histoire de son prénom, par ordre alphabétique. Nurith Aviv arrive chez elleux, un bouquet de fleurs à la main. Elle est accueillie par un sourire ainsi que mille et une histoires.
Si le concept de Prénoms est épuré, son potentiel est infini. Raconter un prénom constitue un inépuisable réservoir d’histoires, qu’elles soient intimes, collectives – et souvent les deux en même temps. Ce sont des récits qui sont tous racontés « de la même façon ». C’est-à-dire : un plan fixe, une prise sans coupe, dans des pièces souvent chargées, des endroits vivants. On s’y arrête, l’histoire constitue une pause, et on tire le fil. Ces voix forment un chœur ; et par ailleurs des voix supplémentaires constitueront une installation qui poursuivra le geste du film.
Ainsi, un prénom peut donner un indice sur l’endroit d’où vient, et un prénom peut se prononcer différemment selon l’endroit où l’on est. Ce prénom vient d’une chanson de Gilbert Bécaud, cet autre rappelle une actrice du film Gare centrale de Youssef Chahine. Un prénom évolue : tel prénom iranien est ainsi transposé, tel autre prénom d’une personne née en 1944 est amené à être modifié, parfois plusieurs fois successivement. On peut en choisir un autre : Arlette Varda qui décide d’être Agnès, ou encore un nouveau prénom pour accompagner une transition de genre. Plus curieux encore : le prénom qui n’est jamais utilisé.
Ce principe est aussi ludique que passionnant et dynamique. Tewfik, Marc-Antoine, Rim, Judith devenu Junon, Yue : Prénoms nous invite à un voyage en France, mais dont les habitant.es vont et viennent de Shanghai, du bassin méditerranéen, du Niger, de New York. Que change un souffle dans un prénom, que change un A perdu ? De quelle identité hérite t-on, quelle liberté le prénom peut-il donner, que dit-il d’un contexte historique? « Mon prénom c’est ma douleur mais aussi mon histoire », entend-on dans le long métrage. Ou, d’une manière à la fois simple et émancipatrice : « J’ai décidé que mon prénom signifiait ceci ».
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par Nicolas Bardot
