Apprenant la disparition de sa sœur, Ju-young – jeune femme malentendante depuis son enfance – mène l’enquête dans l’immeuble où elle semble s’être volatilisée. Aux réactions hystériques des résident·e·s s’ajoutent des bruits de plus en plus inquiétants.
Noise
Corée du sud, 2024
De Kim Soo-jin
Durée : 1h35
Sortie : 24/06/2026
Note : ![]()
FETE DES VOISINS
Les films d’appartements maudits ont-ils remplacé les films de maisons hantées ? Qu’ils soient le théâtre de massacres gores, de claustrophobie parano où de vengeances surnaturelles, ils sont nombreux à peupler le cinéma fantastique asiatique contemporain. Noise ne cherche pas l’angoisse très loin, il la trouve dans la plus réelle et pénible des sources de stress au quotidien : les voisins trop bruyants. La première partie du film éprouvera sans doute celles et ceux qui flippent direct au moindre coup de sonnette inattendu ou qui n’osent pas aller sonner se plaindre chez ceux du dessus. L’enfer c’est les autres, surtout quand les parois qui nous séparent d’eux sont trop minces. Noise pourrait d’ailleurs se contenter de cette recette masochiste de home invasion sonore, avec son petit théâtre d’odieux voisinage (le mascu qui se croit chez lui dans tout l’immeuble, la proprio snob aussi perverse qu’une méchante de dessin animée). Le film va pourtant ailleurs.
Suite à un parti-pris narratif un peu cavalier, l’héroïne de Noise vient s’installer directement chez sa sœur qui vient de disparaître. Malentendante, son téléphone est équipé d’un logiciel de dictée automatique, peut-être la meilleure idée de tout le film. Bien vite la piste d’un fantôme en colère pointe le bout de son nez. Dès lors, le scénario va suivre un chemin rempli de figures très familières : l’héroïne qui tombe sur des dessins d’enfants cachés qui viennent tout expliquer, le vrai méchant qui enfin démasqué explique son plan en monologuant… Pour son premier long métrage, Kim Soo-jin ne cherche pas l’originalité la plus radicale. Le tour de train fantôme est correct mais qu’est-ce qui distingue profondément Noise d’autres films d’horreurs coréens de ces dernières années ?
Il faut reconnaître Kim Soo-jin un certain savoir faire, mais outre que c’est presque la base en ce qui concerne le cinéma de genre coréen, peut-on dire que le savoir faire est la qualité la plus excitante d’un genre cinématographique justement supposé créer le trouble ? Le travail sur le son est certes difficile à ignorer, mais le film regorge-t-il d’idées sonores ou juste d’effets sonores ? Le mot style est-il idéalement choisi pour parler d’un film dont la mise en scène est rondement menée mais ne tente jamais quoi que ce soit de personnel ? Noise n’est pas moins bon qu’un autre, il remplit son contrat et mérite ses sélections dans les principaux festivals de films fantastiques (après une première à Sitges, le film est aujourd’hui montré à Neuchâtel), mais il génère tout de même la question : le cinéma coréen nous gâte régulièrement en terme d’efficacité, mais les dernières fois où l’on a vu des films coréens réellement uniques et novateurs sont-elles si nombreuses que ça ?
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par Gregory Coutaut
