Pedro rentre d’Espagne dans son pays natal l’Argentine pour revoir ses proches. Mais les retrouvailles avec un ami d’enfance, le séduisant Maxi, prennent une tournure inattendue à mesure que leur relation devient de plus en plus ambigüe. Bien que Maxi soit hétérosexuel, la montée du désir entre eux ne cesse de croître tandis qu’ils cherchent à le cacher, et peut-être à l’accepter ?
Les Amants astronautes
Argentine, 2024
De Marco Berger
Durée : 1h56
Sortie : 02/07/2025
Note : ![]()
CE DOUX JEU D’AMANTS
Depuis ses débuts en 2008 et son premier court métrage (El Reloj) sélectionné à Cannes, les films du cinéaste argentin Marco Berger se suivent et se ressemblent. Ce n’est pas nécessairement un défaut qui tache et qui fâche (certains cinéastes creusent un même sillon de film en film avec énormément de talent), mais le cas de Berger possède quand même quelque chose de particulier. De prime abord, on dirait qu’il y a quelque chose de presque trop facile dans son cinéma. Il y est toujours question de romance et d’attraction physique, ses acteurs sont souvent charmants, leurs corps sportifs aux torses nus y sont régulièrement baignés de soleil. Ces ingrédients, et leur usage répété de film en film, pourrait facilement faire naître le malentendus que Berger n’est que le chef d’une usine destiné à remplir les rayons gays des vendeurs de DVD à coup de bluettes superficielles. C’est justement cette vision-là qui pécherait par superficialité.
Un mec ouvertement gay se retrouve à devoir partager l’intimité d’un mec hétéro. La cohabitation des corps va venir travailler quelque chose chez l’un et chez l’autre, mais quoi ? Ce résumé montre que Les Amants astronautes reprend une nouvelles fois les thématiques habituelles du cinéaste, et après tout pourquoi pas, car celles-ci sont plus singulières qu’il n’y paraît. Vous espériez voir un téléfilm facile pleine de scènes sexy pour vous rincer l’œil ? Vous allez plutôt vous retrouver face à deux heures non-stop de dialogues chastes entre deux acteurs au verbe brillant. Entre le garçon sensible qui surjoue la virilité et le gaillard qui minaude (car oui, les mecs hétéros peuvent aussi minauder à leur manière), lequel saura faire face à son désir comme un adulte ? Peut-être aucun des deux. L’incapacité de ces deux compères à cesser de tourner autour du pot s’avère un peu répétitive sur la longueur (la formule était plus explosive dans Taekwondo, par exemple), mais offre néanmoins un mélange à la fois attachant, sexy et mélancolique qui fait le sel habituel du cinéma de Berger.
| Suivez Le Polyester sur Bluesky, Facebook et Instagram ! |
par Gregory Coutaut
