Maja a six ans lorsqu’une partie de sa famille déménage de Yougoslavie vers le Danemark, laissant ses deux frères derrière eux pour le moment. Le Danemark s’avère bien loin du havre accueillant qu’ils imaginaient. Il y a une nouvelle langue à apprendre, de nouvelles coutumes à découvrir, de nouveaux cieux à comprendre.
Home
Danemark/Serbie, 2026
De Marijana Janković
Durée : 1h45
Sortie : –
Note : ![]()
AU BORD DE LA GUERRE
Home, premier long métrage de la Danoise d’origine monténégrine Marijana Janković (lire notre entretien), s’ouvre par les chaleureuses images d’un décor rural, coloré et lumineux. Le quotidien semble heureux mais c’est bientôt là un paradis perdu. A double-titre : d’abord parce que nous sommes au début des années 90 en Yougoslavie, à l’aube d’une guerre qui va déchirer le pays ; ensuite parce que la famille de la petite Maja, 6 ans, fait le choix de quitter la région pour s’établir à l’étranger, au Danemark. Et pour y trouver, peut-être, une vie meilleure.
Sans être strictement autobiographique, Home s’inspire librement de l’expérience de Marijana Janković. Comment vit-on le déracinement, comment la famille se recontitue t-elle ailleurs, doit-elle se réinventer ? Home décrit avec tristesse les arrangements imparfaits auxquels les adultes doivent se soumettre, vus à travers les yeux d’une enfant. Vient alors une autre question : malgré les plans et les espoirs, comment la famille se disloque t-elle lorsque celle-ci est confrontée à des forces telles qu’un conflit aux conséquences tragiques ou l’arrivée sur une terre étrangère pas aussi accueillante qu’on ne l’imagine ?
La confection classique de Home, en termes de narration ou de mise en scène, rend le film très accessible et grand public. Son parti-pris le plus intéressant est de laisser la guerre entièrement hors champ. Comme l’explique la cinéaste dans notre entretien : « Je ne voulais pas faire un film sur les réfugiés ou la brutalité de la guerre, mais sur les immigrés et leurs rêves d’une vie meilleure. La guerre n’est jamais montrée à l’écran car ce n’est pas l’histoire principale — c’est une force invisible en arrière-plan qui façonne les choix et les désirs des familles ». La guerre est tout au plus un bruit de fond à la télévision. On en contemple, en creux, toutes les conséquences, sur cette trajectoire nuancée entre happy end et profonde amertume.
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par Nicolas Bardot
