Les histoires entremêlées des personnes disparues en Colombie et les efforts continus pour les retrouver.
Forensics
Colombie, 2025
De Federico Atehortúa Arteaga
Durée : 1h31
Sortie : –
Note : ![]()
APPELS EN ABSENCE
Que peut produire la disparition d’une personne ? Une personne disparue – est-elle simplement partie ? A-t-elle été enlevée ? L’a-t-on vue quelque part ? Primé au Festival de Karlovy Vary dans la compétition alternative Proxima, Forensics du Colombien Federico Atehortúa Arteaga est un documentaire hybride qui revient sur les nombreuses disparitions d’individus en Colombie, des évaporations si récurrentes qu’elles finissent par faire partie du territoire et de l’identité colombienne.
Les quêtes pour retrouver les traces des personnes volatilisées prennent autant de formes qu’il y a de disparitions. Ici un oncle disparu tout à coup pour toujours, là une femme trans assassinée comme tant d’autres. Chacun.e fouille l’Histoire à sa manière, parfois en tournant un film amateur à l’érotisme militant. Dans Forensics, il est question également d’un programme télévisé à la façon de Perdu de vue – on en a visiblement le souvenir mais il n’y en a plus de traces, comme si cette émission elle-même n’avait jamais existé. Le documentaire mesure le temps qui continue de s’écouler : sur la carte, des routes nouvelles apparaissent tandis que d’autres ont désormais disparu.
On cherche et on creuse : à travers mille et une excavations, la quête de réponse prend une forme pleine de trous. Stimulant réservoir à histoires, Forensics contemple ses énigmes à travers différents moyens narratifs : un documentaire mais aussi des fictions, un vieux film muet sur le Christ et un passage en animation ou même… un rêve raconté. Forensics est un film d’absences mais il est aussi constitué d’une multitude de témoignages de présences. Avalés par la nature ou par les hommes, les fantômes impriment l’image pendant que le documentaire est porté par la tension de ce qui demeure irrésolu.
| Suivez Le Polyester sur Bluesky, Facebook et Instagram ! |
par Nicolas Bardot
