Une erreur tragique détruit la vie d’un homme, l’isolant dans la culpabilité et ébranlant son mariage. Maintenant confronté à la prison, peut-il trouver un chemin vers le pardon ? L’amour peut-il survivre à ce qu’aucun cœur n’était fait pour endurer ?
Father
Slovaquie, 2025
De Tereza Nvotová
Durée : 1h43
Sortie : 13/05/2026
Note : ![]()
A LA PAPA
Le hasard de la programmation fait qu’après s’être ouverte hier avec un film macédonien sobrement intitulé Mother, la section Orizzonti de la Mostra projette aujourd’hui un film nommé Father. Or, si Mother faisait référence à une mère particulièrement hors du commun, Mère Teresa, Father s’attache quant à lui à un père de famille modèle courant. Enfin presque car ce papa, toujours beau et musclé en dépit de ses doutes de quadragénaire, vulnérable juste ce qu’il faut, participe très activement à la vie chaotique de la maison. Changer son planning en urgence pour emmener sa fille à la crèche, retrouver une peluche perdue… ce n’est pas que tout soit simple pour cet homme dont le visage trahit plus la concentration que l’aisance, mais il fait le job plutôt bien mieux que la moyenne.
Particulièrement électrique, la première demi heure du film est traversée d’une tension remarquable, alors qu’il ne s’y passe précisément rien qui ne sorte de l’ordinaire d’une famille avec de jeunes enfants. Rien que mettre tout le monde dans la voiture et partir au travail devient un casse-tête sportif dans lequel Father nous immerge avec une grande efficacité, la caméra collé à son acteur principal toujours en action. Puis, suite à un rebondissement narratif qu’on ne révèlera pas, le film change de vitesse, et ce pour de bon.
Dans ses deux précédentes fictions, Sans jamais le dire et Nightsiren (primé à Locarno en 2022), la cinéaste slovaque Tereza Nvotová prenait pour protagoniste des jeunes filles troublées et pas facilement aimables. Ce n’est pas le fait d’avoir remplacé ces anti-héroïnes par un super papa qui rend la suite de Father moins percutant. C’est avant tout une question de rythme et de structure. Mi-parabole sur le patriarcat et ses mille et un problèmes, mi-« magnifique-portrait-d’homme » (vous avez remarqué que cette expression n’est justement jamais utilisée au masculin ?), Father pose des questions justes, inconfortables et pas naïves sur la culpabilité et la rédemption, mais aucune de ces aspérités ne vient rééquilibrer assez vivement sa baisse de régime progressive. Le passage de l’action à l’exploration psychologique permet néanmoins de mettre en valeur la performance très convaincante de Milan Ondrik.
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par Gregory Coutaut
