Berlinale | Critique : Chronicles From the Siege

Les habitant.es d’une zone de guerre en Palestine tentent de survivre.

Chronicles From the Siege
Palestine, 2026
De Abdallah Alkhatib

Durée : 1h38

Sortie : –

Note :

ÉTATS DE SIÈGE

Remarqué avec son premier documentaire Little Palestine, journal d’un siège qui fut dévoilé au Festival Visions du Réel avant de sortir en France en 2022, le Palestinien Abdallah Alkhatib, refugié politique en Allemagne, passe à la fiction avec ce Chronicles From the Siege. Présenté dans la compétition Perspectives à la Berlinale, le long métrage se déroule aujourd’hui mais celui-ci est le fruit d’une Histoire ancienne ; l’expulsion et l’exode des Palestiniens en 1948 sont mentionnés tandis que le film dépeint le chaos tragique actuel.

La faim, la peur, la solitude, les difficiles distributions alimentaires, les immeubles troués dans lesquels ont réside, les cratères creusés au sol : Chronicles From the Siege raconte la vie et surtout la survie de tous les jours. Le long métrage fonctionne presque comme un film à sketches : on traverse les murs pour aller d’une histoire à l’autre, dans ces lieux où in fine tout est lié. Même isolés, les protagonistes sont unis dans un même marasme, qu’il s’agisse de trouver une clope, parvenir à baiser ou tenter de survivre entre les explosions et les tirs de soldats israéliens.

Dans l’un des segments de Chronicles From the Siege, Abdallah Alkhatib suit les pas d’un groupe de personnages qui atterrissent dans une pièce où se trouve une collection de VHS, comme dans un vidéoclub à l’abandon. Accroché au mur, le visage géant de Jack Nicholson possédé dans Shining semble surveiller et/ou menacer les protagonistes. Pour se réchauffer, a-t-on le droit de brûler les films ? Au-delà des œuvres, brûle-t-on les souvenirs de celui à qui les vidéos appartenaient, le souvenir de ceux qui ont emprunté le film et sont morts depuis ? Est-ce qu’on en est à brûler la mémoire ? Mais est-ce une question qui peut encore se poser quand, dans un autre segment, un homme désespéré cherche pour sa femme sur le point d’accoucher un hôpital en capacité de s’occuper d’elle ? Tour à tour tendre mais sans mièvrerie, nerveux mais sans sensationnalisme, Chronicles From the Siege offre plusieurs instantanés rendus évidemment encore plus urgents car ils parlent d’ici et maintenant.

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par Nicolas Bardot

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