Festival de Varsovie | Critique : Broken Voices

Karolína, une chanteuse douée de 13 ans, a l’opportunité de devenir membre d’une chorale de fille de renommée mondiale, prenant sa place aux côtés de sa sœur aînée et de ses autres rivales dans l’ensemble. Le talent exceptionnel de Karolína attire l’attention du formidable et très admiré chef de chœur.

Broken Voices
Tchéquie, 2025
De Ondřej Provazník

Durée : 1h44

Sortie : –

Note :

PINCEMENT AU CHOEUR

Karolina, 13 ans, voit son rêve se réaliser : intégrer une prestigieuse chorale composée de filles de son âge. Outre la célébrité de l’institution et le plaisir grisant de voir son talent reconnu, il y a une double opportunité qui s’offre à elle. D’abord rejoindre sa grande sœur, déjà membre de la chorale, puis participer à une tournée aux Etats-Unis. L’action de Broken Voices se déroule au début des années 90 (la direction artistique, aux couleurs ocres et chaudes, évite de trop surligner ce voyage dans le temps) et pour les parents ayant connu le communisme, l’occasion d’envoyer ses enfants découvrir le monde et aller porter leur voix sous d’autres latitudes est une occasion encore rare, qui mérite des efforts.

Les efforts en question vont consister pour Karolina à supporter la jalousie des autres filles de la chorale et à tenter de composer avec l’attitude ambiguë du chef de chœur, trentenaire prétentieux habillé en star du rock. Karolina n’est pas plus ou moins naïve que les gens de son âge, mais le scénario ne se montre pas aussi cruel avec elle qu’il pourrait l’être, ne dévoilant son véritable sujet que sur le tard. Broken Voices est en effet inspiré d’un fait divers parvenu il y a une quinzaine d’années en Tchéquie, lorsque le chef d’une célèbre chorale avait été accusée d’agressions sexuelles envers plusieurs élèves mineures.

Le cinéaste tchèque Ondřej Provazník fait plutôt preuve de tact au moment de mettre les points sur les i. Plutôt qu’un suspens éprouvant, Broken Voices demeure un drame délicat attaché à ses personnages, quitte à manquer parfois de nerf dans son rythme, ou à manquer un peu de parti- pris de mise en scène forts (à ce titre, la comparaison avec le drame slovène Little Trouble Girls, dévoilé à la Berlinale en début d’année, n’est pas en sa faveur). Le film s’en tire néanmoins grâce à la qualité de l’interprétation de ses jeunes actrices et un sens particulier du décor, qu’il s’agisse d’un immense châlet ou d’un hôtel de luxe.

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par Gregory Coutaut

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