Festival de Sundance | Critique : Big Girls Don’t Cry

Au cours d’un été transformateur dans la Nouvelle-Zélande rurale en 2006, Sid Bookman, 14 ans, découvre le désir, l’identité et Internet en imitant les personnes qu’elle aspire à aimer.

Big Girls Don’t Cy
Nouvelle-Zélande, 2026
De Paloma Schneideman

Durée : 1h40

Sortie : –

Note :

COMME LES AUTRES

Sur internet, Sid prétend avoir 18 ans alors qu’en réalité, elle n’en a que 14. Face à ses nouveaux amis, elle fait genre cool et blasée alors qu’en réalité elle n’a encore rien connu des rebellions de l’adolescence. Des garçons, elle fait mine de déjà bien connaitre l’anatomie, alors qu’en réalité elle mate en cachette des catalogues de maillots de bain féminins. Déjà trop indépendante pour rester une fillette à papa, mais encore trop gauche pour être acceptée par les filles cools autrement que comme faire-valoir, Sid n’est pas dans la position la plus épanouie qui soit. Elle a besoin d’air, envie de grandir, mais tout ce qu’elle récolte c’est une gêne permanente.

Le labyrinthe des trajectoires adolescentes est intime et unique à chacun. Au cinéma, les récits d’apprentissage utilisent en revanche souvent les mêmes codes, et Big Girls Don’t Cry  n’y fait pas exception. Produit par Jane Campion (le film est né de son tout nouveau programme d’aide à la création A Wave in the Ocean), et présenté dans le cadre de la compétition internationale de Sundance, ce long métrage semble même avoir pour vocation un peu frustrante de respecter le parcours attendu à la lettre et d’offrir bien des scènes prévues dans un tel contexte : Sid s’engueule avec son père, trahit sa meilleure amie trop sage pour aller trainer avec des filles dangereuses, et participe inévitablement à une partie d’action ou vérité. Sur ce dernier point, précisons néanmoins que le jeu n’est pas l’occasion pour elle de rouler sa première pelle mais d’être pris en flagrant délit humiliant de mensonge.

La réalisatrice néo-zélandaise Paloma Schneideman a en effet la bonne idée de laisser une place assez importante à la honte adolescente, sans que cela ne vire au malaise où n’empêche le résultat de rester très facile d’accès. Dans le rôle principal, Ani Palmer se débrouille élégamment avec les nuances d’un personnages pas toujours très aimable. Quelques clins d’œil d’une autre époque (le film débute avec une discussion sur MSN) et une belle photo mettant en valeur les paysages lumineux de Nouvelle Zélande viennent compléter ce drame classique mais où tout est à sa place.

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par Gregory Coutaut

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