Sprite, 25 ans, doit absolument trouver un job. Mais pour travailler , il faut le permis et pour se payer le permis, il faut un emploi… Finalement, il se fait engager par une start-up spécialisée dans le nettoyage d’appartements après des fêtes ; mais comment aller travailler tard la nuit sans moyen de transport dans une banlieue mal desservie ? Sur les conseils de sa monitrice d’auto-école , il s’inscrit alors sur une application pour séduire des jeunes femmes habitant près de ses lieux de travail. Un seul problème : Sprite n’est pas vraiment un séducteur…
Baise-en-ville
France, 2025
De Martin Jauvat
Durée : 1h34
Sortie : 28/01/2026
Note : ![]()
TENDRE BANLIEUE
L’immensité vertigineuse de l’univers : c’est par des telles images de l’espace que débute Baise-en-ville réalisé par Martin Jauvat. En un contraste farceur, le long métrage revient vite sur Terre, et sur le centre du monde de Corentin : la bonde de sa baignoire. Tout est une question d’échelle : l’histoire de Corentin est une aventure de poche, mais quiconque a déjà vécu dans certains coins de la banlieue parisienne sait que la Seine-et-Marne peut être presque aussi vaste que le cosmos – en tout cas si l’on doit enchaîner trajets de RER et marche à pied.
Corentin (surnommé Sprite), 25 ans, vit encore chez ses parents au Boulevard Espérance à Chelles – pas nécessairement l’endroit le plus rayonnant d’espoir au monde. Mais dans son second long métrage après Grand Paris (remarqué en 2022 à l’ACID), Martin Jauvat porte un regard rafraîchissant sur la banlieue, hors des représentations clichés et sans nuances. Il y a un voile de lose mais aussi un regard tendre sur ce décor, il en va d’ailleurs de même avec les personnages. Corentin est un gentil loser, les protagonistes qui l’entourent sont hauts en couleur et le film se distingue par la tendresse de son écriture. Jauvat livre, dans le rôle principal, une interprétation attachante, hors des codes habituels de la masculinité, et est entouré d’un casting remarquable.
Dévoilé lors de la dernière Semaine de la Critique, Baise-en-ville est une comédie populaire réussie, ce qui n’arrive pas chaque mercredi au cinéma. C’est une fantaisie rose et jaune fluo, violette et turquoise, avec tant de cœur que même sa déprime est colorée. Voilà différentes teintes dans un même film, comme, en creux, ce portrait politique absurde qui se dessine, de start-up à la con en boulots non-payés. Martin Jauvat emballe tout cela en trouvant le bon esprit, ni gras ni mièvre, avec humour et générosité.
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par Nicolas Bardot
