Cadre dans une usine de papier, You Man-su est un homme heureux. Il aime sa femme, ses enfants, ses chiens, sa maison. Lorsqu’il est licencié, sa vie bascule. Il ne supporte pas l’idée de perdre son statut social et la vie qui va avec. Pour retrouver son bonheur perdu, il n’a aucun autre choix que d’éliminer tous ses concurrents…
Aucun autre choix
Corée du sud, 2025
De Park Chan-wook
Durée : 2h19
Sortie : 11/02/2026
Note : ![]()
LA GRANDE BEAUTÉ
Le protagoniste du nouveau film de Park Chan-wook ne donne pas vraiment l’impression de vivre en n’ayant « aucun autre choix ». On ne peut pas dire que sa vie ait l’air bien difficile, tout occupé qu’il est à danser avec sa femme dans son jardin tandis que des pétales roses volettent pour accompagner un barbecue familial sorti d’une pub pour la chicorée, le tout devant une maison qui n’a l’air que de pouvoir sortir d’un catalogue chic d’architecture. Or, il faudrait n’avoir vu aucun des nombreux chefs d’œuvre du maître coréen pour ne pas se douter qu’il y a là une délicieuse anguille sous roche.
Park Chan-wook adapte ici le même roman qui a servi d’inspiration à Costa-Gavras pour son film de 2005, Le Couperet. En termes d’image, restons bienveillant et courtois et contentons-nous de ne comparer que ce qui est comparable, car si Le Couperet privilégiait un réalisme visuel sans éclat, Park Chan-wook ne provoque justement que ça : des éclats. Face à Aucun autre choix, plusieurs questions viennent spontanément à l’esprit. Des questions telles que « Quelle est la dernière fois qu’on a vu de si beaux décors? », « Quand en reverra-t-on ? », « Quel autre film a bien pu remporter le prix de la mise en scène à la dernière Mostra ? » ou encore « A quand un prix à la carrière à la collaboratrice régulière de Park Chan-wook, la directrice artistique Ryu Seong-hie ? ».
On pourrait croire que le cinéaste se contente de nous faire faire une nouvelle fois le tour du propriétaire de son habileté opulente (et quand bien même, quand celui-ci n’a pas d’égal ?), mais s’il utilise les mêmes ingrédients que d’habitude, il accentue franchement l’humour féroce que l’on pouvait croiser en arrière plan de certains de ses films (comme Stoker par exemple). Ce point-là marque l’autre différence fondamentale avec Le Couperet : Aucun autre choix est une comédie. C’est sur ce changement de ton que l’écriture du film se distingue avec panache, davantage que sur la structure du récit en elle-même, qui manque parfois de clarté. Le film donne en effet par moments l’impression d’être une succession de séquences incroyables pas toujours bien reliées entre elles.
Mais quels morceaux de bravoure dans ce scénario. Quels orgasmes pour les yeux dans cette mise en scène et cette direction artistique où chaque décor est d’une luxuriante richesse de détails, où chaque bibelot et chaque profondeur de cadre compose un champ d’exploration pour notre regard avide de piocher des indices, clins d’œil et autres bijoux. Ne laissez pas l’occasion de prendre de plein fouet ce Cluedo visuel sur grand écran.
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par Gregory Coutaut
