Le printemps est dans l’air. Nicolau vient tout juste d’avoir vingt-quatre ans mais il n’a pas envie d’organiser une grande fête. Il commence à sentir que son rêve de devenir musicien professionnel s’effondre, il vit toujours avec ses parents et regrette son ancienne petite amie.
A vida luminosa
Portugal, 2025
De João Rosas
Durée : 1h46
Sortie : –
Note : ![]()
DESIR D’AVENIR
Nicolau a vingt-quatre ans, soit l’âge de tous les possibles. On dirait pourtant qu’il considère sa vie comme étant déjà derrière lui : il ne parvient plus à se motiver pour se projeter dans d’anciens projets comme son groupe de musique, et il a du mal à rebondir après sa dernière rupture amoureuse. Ce n’est pas une grosse déprime qui lui pèse sur les épaules, c’est plutôt une élégante mélancolie. Un spleen estival tel qu’on le croise régulièrement et avec plaisir dans le cinéma portugais contemporain, fait de rencontres fortuites et de mini événements du quotidien dans les rues de Lisbonne. Après tout, comme l’annonce les paroles de la chanson polyphonique qui ouvre le film : « rien de plus certain que le fait de douter ».
Nicolau passe les journées et les nuits d’un rêveur : sa nonchalance de jeune homme lettré le pousse à aller voir du Bresson à la cinémathèque locale, où il croise même un étonnant personnage ne s’exprimant que par des citations du cinéaste (seul gag récurrent d’un film qui cultive plutôt le sérieux). C’est en réalité davantage la grâce de poche rohmérienne que la rigueur bressonienne qu’évoque A vida luminosa. Mais c’est aussi à Antoine Doinel que l’on pense en apprenant que le cinéaste João Rosas retrouve ici (pour la première fois en long métrage) le même protagoniste et le même acteur principal qu’il a déjà filmé à plusieurs reprises et à différents âges depuis une douzaine d’années.
A vida luminosa n’évite pas assez les répétitions pour se hisser à la hauteur de telles références, mais aussi pour tenir sa propre longueur. Le film possède néanmoins une qualité impossible à calculer ou à préparer : le charme, tout simplement.
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par Gregory Coutaut
