Laboratoire de développement de scénario unique en Europe, le Groupe Ouest propose depuis plus de dix ans un accompagnement bien particulier à ses auteurs et autrices en résidence : une plateforme où les scénaristes sont accompagné.es de chercheuses et chercheurs en sciences cognitives afin d’envisager la narration sous un nouvel angle. Parmi les 8 cinéastes retenu.es pour cette édition 2026, on retrouve notamment Laura Wandel (Un monde, L’Intérêt d’Adam) ou Valéry Carnoy (La Danse des renards). Fondateur du Groupe Ouest, Antoine Le Bos nous présente la promotion 2026.
Avant de nous dévoiler les cinéastes de l’édition 2026, pouvez-vous nous présenter Le Groupe Ouest et ce qui fait sa spécificité en tant que laboratoire de création ?
Le projet est né il y a une vingtaine d’années de l’esprit de professionnels ayant déjà de nombreuses années d’expérience dans l’écriture, avec l’idée de créer un paradis pour auteurs, qu’il s’agisse d’auteurs pour le cinéma, la télévision ou les jeux vidéo. Notre souhait est de trouver des méthodes collaboratives qui aident les auteurs à faire fleurir leurs histoires. Outre le fait que nous soyons situés dans un petit village du Finistère, à 500 mètres du bord de l’eau, deux éléments nous distinguent des autres laboratoires. Tout d’abord le nombre d’auteurs accompagnés puisque nous sommes les premiers en Europe rien que par les chiffres, et d’autre part, une recherche permanente sur les nouvelles méthodologies. C’est dans cet esprit de recherche qu’il y a quelques années nous avons répondu à un appel à projet du CNC intitulé France 2030, la grande fabrique de l’image et qu’est né notre dispositif La Fabrique des mondes. Il s’agit d’un lieu de recherche appliqué au service de la fiction, un service qui permet à des chercheurs de domaines très variés de venir de toute l’Europe collaborer avec des scénaristes.
Concrètement, comment les sciences et l’écriture scénaristique se rencontrent elles ?
Il y a une vingtaine d’années, quand on évoquait l’idée de collaboration pour un scénario, on nous répondait que c’était insensé, que cela revenait à faire coécrire un scénario par n’importe qui. Ce n’est pas le cas du tout. Le monde des idées est fait pour être partagé, et dans le milieu du cinéma, on fait quand même des films pour les autres, pas que pour soi-même. Les auteurs ont parfois tendance à ignorer le monde des sciences alors que les chercheurs ont beaucoup de savoirs et de méthodes applicables à nous apporter. Nous collaborons par exemple avec des cartographes et des urbanistes, afin de travailler sur ce que la science nomme « la cognition spatialisée ». Nous avons créé des outils concrets, des dispositifs permettant aux scénaristes d’externaliser leurs idées dans l’espace qui les entoure. Au lieu d’être une galère solitaire où l’on risque de se noyer dans ses propres idées, le métier de scénariste devient une grande joie collaborative où l’on peut se brancher sur toutes les sources qui nous entourent pour y puiser de la ressource. Le résultat est lui aussi très concret puisque le nombre d’auteurs qui postulent chez nous est en croissance exponentielle.
Comment s’est déroulé le processus de sélection de cette nouvelle édition?
Christophe Lemoine est le nouveau responsable de la Sélection Annuelle et nous avons dépassé les 400 candidatures pour seulement huit places. Nous avons reçu des candidatures du Liban, du Maghreb, d’Europe de l’Est. Le français est la langue dans laquelle nous travaillons, mais cela ne signifie pas forcément que les films seront en français au final. Au moment de faire notre sélection finale, nous avons essayé de trouver un équilibre entre des auteurs ayant déjà pratiqué le long métrage et d’autres sortant juste des courts. On préférerait éviter de se retrouver uniquement avec des vieux briscards mais cela tombe bien puisqu’on sent dans la plus jeune génération un très grand appétit pour ces nouvelles méthodologies. Il y a une vraie révolution à l’œuvre chez ces jeunes cinéastes, l’écriture n’est plus perçue comme un travail individuel mais comme un partage d’idées. Bravo la nouvelle génération, c’est bon signe pour l’avenir.

Découvrez la liste des participant.e.s à la Sélection Annuelle 2026:
Diala Al Hindaoui – Dans mon pays de tomates (1er long métrage)
Valéry Carnoy – Amour chèvre (2ème long métrage)
Ilias El Faris – IMI (1er long métrage)
Mathias & Colas Rifkiss – Monsieur le président (2ème long métrage)
Melissa Silveira & Tommy Baron – Diego (1er long métrage)
Léa Todorov – Rien ne ressemble à maintenant (2ème long métrage)
Jean-Benoit Ugeux – Magoa (3ème long métrage)
Laura Wandel – Le soleil tombe sans un bruit (3ème long métrage)
Un premier jury était composé de:
Blandine Jet – Scénariste / Lauréate de la Sélection Annuelle 2017
Quentin Nozet – Scénariste Réalisateur
Louis Jamin – Régisseur / Photographe
Olivier Broudeur – Scénariste Réalisateur
Marilyne Brulé – Scripte
Fred Le Gall – Régisseur et repéreur
Laura Nikolov – Productrice
Maude Lafitte – Monteuse
Lilo Malherbe – Coordination de la Sélection Annuelle
Christophe Lemoine – Responsable de la Sélection Annuelle
Un second jury était composé de:
Olivier Wotling – Producteur
Hélène Bararuzunza – Scénariste / Lauréate de la Sélection Annuelle 2017
Marion Guth – Productrice
Christophe Lemoine – Responsable de la Sélection Annuelle
Ces dernières années le Groupe Ouest et La Fabrique des mondes ont accompagné des cinéastes comme Jean-Baptiste Durand (Chien de la casse), Lukas Dhont (Close) Anaïs Tellenne (L’Homme d’argile), Claude Barras (Sauvages) Jonathan Millet (Les Fantômes), Lucile Hadžihalilović (La Tour de glace) ou encore Louise Hémon (L’Engloutie).
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Entretien réalisé par Gregory Coutaut le 20 mars 2026. Merci à Dany de Seille et à Lilo Malherbe.
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