Critique : Derrière les palmiers

A Tanger, Mehdi voit sa relation avec Selma bouleversée lorsqu’il rencontre Marie, une riche Française dont les parents ont acheté une luxueuse villa dans la kasbah. Attiré par sa vie mondaine, il délaisse Selma, feignant d’ignorer que ses choix le rattraperont.

 

Derrière les palmiers
Maroc, 2025
De Meryem Benm’Barek

Durée : 1h34

Sortie : 01/04/2026

Note :

SOLEIL AMER

Sept longues années séparent Derrière les palmiers de Sofia, précédent long métrage de la Marocaine Meryem Benm’Barek primé au Festival de Cannes dans le cadre d’Un Certain Regard. Avec ce drame prenant la forme d’un thriller social où une jeune femme de 20 ans se retrouvait dans l’illégalité en accouchant d’un bébé hors mariage, Meryem Benm’Barek examinait déjà la mauvaise conscience de la société marocaine et la façon dont on peut se débrouiller avec ses règles absurdes. Un chemin féroce que Derrière les palmiers emprunte à sa manière.

« Parfois, on prend des décisions de merde » : la première réplique de Derrière les palmiers a le mérite de donner le ton. Son protagoniste, un jeune homme marocain nommé Mehdi, a le sentiment que rien ne roule comme il le souhaiterait dans sa vie. Il est en relation avec Selma, mais rencontre une Française issue d’une bonne famille. Meryem Benm’Barek met en lumière une différence de classe sociale qui ne peut que sauter aux yeux, à l’image du daron bourgeois français qui s’étonne qu’un ouvrier marocain n’ait pas déjà fait des voyages vers des contrées lointaines. « Je m’interroge donc beaucoup sur le regard que l’Occident porte sur le monde arabe mais aussi la manière dont le Maroc observe l’Occident », nous confiait la réalisatrice lors de notre entretien réalisé en 2018. De fait, Derrière les palmiers ausculte les rapports de domination entre ceux qui vivent là et ceux qui s’imposent.

Le long métrage se distingue par un solide savoir-faire narratif et la manière dont les rapports de classe s’invitent dans les relations sentimentales offre des perspectives dignes d’intérêt. On peut regretter que Derrière les palmiers nous tienne un peu trop par la main – il y a ici une patine un peu trop scolaire et appliquée à qui il manque peut-être les questionnements ambigus du précédent film de la cinéaste. Derrière les palmiers peut néanmoins compter sur un casting convaincant avec entre autres Driss Ramdi, vu jusqu’ici plutôt dans des seconds rôles. Le dénouement noir et inconfortable donne un relief supplémentaire à ce récit où l’ombre des palmiers s’étend de plus en plus sur ses protagonistes.

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par Nicolas Bardot

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