Berlinale | Critique : The Red Hangar

Santiago, Chili, 11 septembre 1973. Alors que le coup d’État militaire se déroule à travers le pays, le capitaine Jorge Silva – l’ancien chef du renseignement de l’armée de l’air – reçoit un ordre qui bouleversera sa vie à jamais : il doit transformer l’Académie de l’air où il forme actuellement de jeunes cadets en un centre de détention et de torture.

The Red Hangar
Chili, 2026
De Juan Pablo Sallato

Durée : 1h21

Sortie : –

Note :

AUCUN AUTRE CHOIX

11 septembre 1973 : The Red Hangar s’ouvre à l’aube du coup d’État qui va renverser le président Salvador Allende. Mais peut-on parler d’aube alors que, dans ce premier long métrage du Chilien Juan Pablo Sallato, Santiago semble plongée dans une nuit permanente ? Dévoilé dans la compétition Perspectives à la Berlinale, The Red Hangar colle aux basques du Capitaine Jorge Silva. Celui-ci est, pendant l’essentiel du long métrage, filmé de très près, soulignant avant tout la dimension humaine plutôt qu’historique du film.

Car si The Red Hangar dépeint une importante page d’Histoire, le film se resserre sur un événement et va s’attacher aux dilemmes d’un individu, un homme dont la tâche est d’exécuter les ordres – même les pires. Il y a des règles, comme celles édictées pour le dortoir militaire, et guère de place pour le libre arbitre. Juan Pablo Sallato dépeint l’examen de conscience de son protagoniste en empruntant aux codes du film d’espionnage paranoïaque. Lors d’un plan éloquent, le protagoniste seul fait face à des montagnes ; à un autre moment, une tour permet de voir au loin jusqu’aux Andes – désobéir pour le Capitaine Jorge Silva semble ainsi peine perdue.

Avec son noir et blanc digne et sa musique grave, The Red Hangar manque néanmoins à nos yeux d’un peu plus de relief et d’urgence, et se retrouve quelque peu compassé. Son épure et son minimalisme intransigeant constituent un pari qui manque parfois de générosité, mais cette sécheresse concise (le film dure à peine plus d’1h20) et sans sentimentalisme parvient in fine à donner un écho percutant à ce récit de courage moral.

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par Nicolas Bardot

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