L’ouvrier sidérurgiste Nangong Cheng est en train de mourir d’une blessure infectée lorsqu’il rencontre Zhuang, un étranger souffrant d’une affection similaire et cherchant vengeance pour sa femme assassinée. Cheng utilise ses dernières forces pour l’aider.
Nangong Cheng
Chine, 2026
De Shao Pan
Durée : 3h17
Sortie : –
Note : ![]()
LIGHTS CAMERA ACTION
Le Festival de Rotterdam est riche en films singuliers comme on peut en voir assez peu dans d’autres festivals occidentaux – et Nangong Cheng, dévoilé en compétition internationale, en est un excellent exemple. Ce premier long métrage réalisé par le Chinois Shao Pan est un film-fleuve de plus de trois heures dans l’esprit de la littérature de wuxia – un genre largement méconnu chez nous –, dont le chevalier errant serait un jeune homme d’aujourd’hui perdu en Chine. Shao Pan est l’absolu chef d’orchestre de cet ambitieux long métrage : réalisateur, scénariste, acteur, compositeur, designer sonore et producteur. Ah : et il exécute ses cascades lui-même.
Nangong Cheng, souffrant, va effectuer un grand voyage. C’est son épopée que l’on raconte, ainsi que celle de plusieurs comparses, jusqu’une cité où règnent violence, corruption, et où résonnent les fusillades aux alentours. Nangong Cheng n’est pas aisé à résumer : c’est un film aux ruptures de tons drolatiques, c’est un film qui, en apparence, peut marier des contraires très forts (de longues plages de dialogues en plan fixe, mais aussi de percutantes scènes d’action), c’est un labyrinthe parfois intraitable mais il est de plus en plus doux de s’y perdre. A l’image de ses protagonistes qui semblent avoir toute la nuit pour parler ensemble, Nangong Cheng nous invite dans son temps à lui, auprès de son feu.
Le long métrage est à la fois d’un intransigeante exigence, mais a aussi une forme de générosité avec sa dimension feuilletonnesque. C’est un récit philosophique, mais aussi un film de bagarre – même si un seul poing bien placé peut faire chuter le plus musclé des gaillards (car c’est aussi un film sur… l’acupuncture). L’image est bercée par ce qu’on ne voit pas, ici des chants religieux, là des chants d’oiseaux. La très spectaculaire chorégraphie d’action filmée en plan séquence vient en cerise sur le gâteau de cet ovni qui ne manque pas de culot, comme quand un personnage, au fil de ce très lent récit, rétorque à l’autre : « tu es vraiment une personne très impatiente ».
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par Nicolas Bardot
