Festival de Rotterdam | Critique : A Fading Man

Lorsque son ex-mari réapparaît, désormais atteint de démence et ayant oublié leur divorce, la vie bien ordonnée de Hanne avec son partenaire Bernd se retrouve bouleversée.

A Fading Man
Allemagne, 2026
De Welf Reinhart

Durée : 1h33

Sortie : –

Note :

CIEL MON MARI

A l’âge d’Hanne, il est des blessures qui ne guérissent jamais vraiment. Le diagnostic d’une soignante, même assorti d’une blague, ressemble à un couperet pour Hanne et sa main endolorie – autant lui annoncer qu’elle est désormais sur une voie de garage. Hanne est pourtant une femme active : c’est une artiste, une prof d’art plastique, elle sait mener ses jeunes élèves, elle est heureuse en couple. Mais elle se trouve, il est vrai, à un stade de sa vie où elle ne s’attend peut-être pas à énormément de surprises dans son quotidien réglé. Erreur : son ex frappe à la porte, est atteint de la maladie d’Alzheimer, et n’a plus souvenir qu’ils ont rompu il y a des dizaines d’années.

Cela pourrait être le point de départ d’une pièce de boulevard avec ses quiproquos conjugaux. C’est, d’une certaine manière, une forme de comédie de remariage twistée. Voilà un genre qui ne s’intéresse guère aux sexagénaires, et c’est précisément le point de vue du jeune Allemand Welf Reinhart qui signe ici son premier long métrage, dévoilé en compétition à Rotterdam. Reinhart explore le désir et son expression à plus de 60 ans, raconte comment les lignes du couple peuvent changer à tout âge ; et les thématiques d’A Fading Man, habituellement réservées à des protagonistes plus jeunes, trouvent ici une forme de fraicheur.

Le cinéma allemand le plus radical est souvent très à l’aise avec le réalisme. Ici, le pari narratif est, disons-le, assez difficile à avaler sur la longueur. Le manque global de crédibilité est compensé par la tendresse vis-à-vis des personnages, avec un regard doux-amer sur l’empathie et sur ce qui renvoie au passé. De facture très classique dans sa mise en scène, le film trouve néanmoins une élégance expressive dans sa manière de filmer la nature dans ce joli coin de campagne. A Fading Man doit une bonne part de son relief à l’interprétation convaincante de Dagmar Manzel dans un rôle principal qui conserve suffisamment d’aspérité.

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par Nicolas Bardot

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