Monica, seize ans, rêve de participer aux Jeux Olympiques de 1996, mais une blessure importante l’oblige à changer ses plans.
The Gymnast
Etats-Unis, 2026
De Charlotte Glynn
Durée : 1h24
Sortie : –
Note : ![]()
VILLE FANTÔME
Monica et son père sont comme en deuil. Certes, la mère de Monica (première interprétation à l’écran pour la gymnaste Britney Wheeler) n’est visiblement plus présente parmi eux et cette page a l’air déjà tournée autant qu’elle peut l’être, mais ce n’est pas exactement de cela dont il est question ici. Jusqu’à peu, Monica avait un rêve solide : gymnaste suffisamment douée pour pouvoir avoir en ligne de mire les qualifications pour les prochains Jeux Olympiques, la voilà contrainte au repos et à une remise en question radicale de ses projets en raison d’une blessure sérieuse.
Que reste-t-il quand un rêve s’envole du jour au lendemain ? Sans doute le risque de perdre une partie de son identité. Monica n’a qu’à regarder son père, dont les bonnes intentions sont souvent piétinées par un ressentiment hargneux, accumulé par des années de crises économiques et d’humiliations. En effet, The Gymnast se déroule en 1996, et la ville de Pittsburgh a subi de plein fouet la fin brutale de l’âge d’or industriel. Chaque plan sur la ville, sur ses cheminées d’usines éteintes mais omniprésentes, vient évoquer une version moins dorée du générique de Twin Peaks. Comme si les protagonistes vivaient déjà sans s’en rendre compte dans une ville fantôme.
Le récit de The Gymnast est particulièrement minimaliste. Le film dans son ensemble est d’une brièveté bienvenue, et chaque scène va directement à l’essentiel sans laisser à quiconque le temps de s’apitoyer sur son sort, jusqu’à laisser le spectateurs avec beaucoup de points de suspension sur les bras. C’est finalement surtout grâce son traitement visuel que ce drame mumblecore de poche touche de façon inattendue. Le grain de l’image et le camaïeu de couleurs automnales en sourdine rappellent bien sûr les films VHS d’époque et composent surtout une atmosphère mélancolique digne d’un monde déjà révolu.
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par Gregory Coutaut
