Dans la vaste métropole africaine de Lagos, une jeune chauffeure de taxi farouchement indépendante rencontre un groupe de travailleuses du sexe rayonnantes et téméraires dont la sororité l’entraîne vers le danger et la joie, et la lance sur le chemin de sa propre transformation.
Lady
Royaume-Uni/Nigéria, 2026
D’Olive Nwosu
Durée : 1h33
Sortie : –
Note : ![]()
LA BONNE CONDUITE
Quand débute Lady, l’héroïne éponyme est prise en plein embouteillage, mais on ne peut pas dire que ça la gêne. Outre la récurrence de ces derniers dans les rues bondées de la capitale nigériane, Lady n’est pas du genre à se laisser intimider. Fière et indépendante, elle taille sa route dans un espace public et dans une profession habituellement réservée aux hommes puisqu’elle est conductrice de taxi. Mais Lady a aussi du cœur : quand elle ne répète pas un monologue à la Taxi Driver devant le miroir, elle prend le temps de s’occuper de ses ainées et quand une ancienne amie d’enfance vient lui demander un service particulier, sa réticence ne l’empêche pas de dire oui.
Elle devient alors la conductrice personnelle d’un groupe de travailleuses du sexe. Elle quitte son quartier très modeste (une zone « pas encore rasée pour laisser place aux gratte-ciels ») pour les villas cossues du centre ville, et remplace ces trajets de jour pour des itinéraires nocturnes réputés plus dangereux. Mais dans la Ladymobile, l’ambiance n’est pas au misérabilisme : ses nouvelles clientes et amies font au contraire souffler une sympathique tornade de sororité pétillante où les bijoux sont aussi clinquants que les sourires. Ce n’est pas que le film soit naïf vis-à-vis de ce sujet, c’est plutôt qu’il cherche à mettre l’accent sur la ressource de ses personnages féminins.
« Lagos ne me tuera pas » disent farouchement ces filles-là. Mais ni Lady ni ses amies ne peuvent rester éternellement dans l’habitacle de ce taxi pour se protéger de la violence du monde réel. Le changement de destination du scénario vers le drame grave n’est pas la partie la plus habile ou surprenante du film. La réalisatrice Olive Nwosu, qui signe ici son premier long métrage, réussit en revanche à retranscrire avec un dynamisme coloré l’énergie particulière de cette métropole toujours au bord de l’explosion. Dans un effet de réel bienvenu, elle inclut même d’authentiques images captées lors de manifestations publiques, mettant ainsi en lumière les enjeux d’une jeune génération confrontée à un héritage de violence et à une classe politique corrompue.
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par Gregory Coutaut
