Festival de Sundance | Critique : How to Divorce During the War

À Vilnius en 2022, Marija a une révélation : elle veut divorcer de son mari, Vytas, juste avant que la Russie n’envahisse l’Ukraine. Contraints d’affronter l’effondrement de leur relation, ils traversent le processus de divorce alors que celui-ci se heurte à la guerre en cours.

How to Divorce During the War
Lituanie, 2026
De Andrius Blaževičius

Durée : 1h48

Sortie : –

Note :

SAUVER LES APPARENCES

Dans l’appartement cosy au cœur de Riga où Marija et Vytas vivent avec leur fille de douze ans, tout est rangé à sa place. Les objets du quotidien mais également les rôles sociaux, fussent-ils inversés : Marija a un emploi qui paye bien au bureau tandis que Vytas reste à la maison mener ses projets personnels. Cette vie bien organisée est pourtant devenue intolérable pour Marija qui demande le divorce et met Vytas à la porte. C’est alors que la Russie envahie l’Ukraine.

La guerre reste entièrement hors-champ, évoquée dans des conversations et des journaux télés, mais autour des deux protagonistes, l’ambiance est manifestement inquiète. La Lituanie est elle le prochain pays à se faire envahir ? Marija doit-elle continuer à travailler avec des Russes ? Déjà bien agacés de voir voler en éclat leurs apparences de famille parfaite, les deux ex amoureux ont bien l’intention de montrer qu’ils demeurent de belles personnes et qu’ils se sentent impliqués par l’état du monde, quitte à en faire trop par cynisme ou maladresse.

Il y a bien sûr une part de satire sociale dans ce récit de bourgeois qui se découvrent moins parfaits et moins utiles que prévu (même leurs jobs n’ont rien d’essentiel : lui est un scénariste raté et elle produit des vidéos virales superficielles). Mais au delà des touches d’humour mordantes plus que vraiment saignantes, How to Divorce During the War est aussi un drame tout en sourdine qui flirte avec les archétypes d’un certain cinéma d’Europe du nord où chacun pleure dans son coin après avoir livré un grand monologue plein de dignité, dans des intérieurs à la déco minimaliste. C’est peut-être finalement dans sa dimension visuelle que le film trouve le liant qui manque un peu à son écriture, grâce à des couleurs désaturées et nostalgiques et une photo signée Narvydas Naujalis, déjà repéré à l’image de Pilgrims ou The Writer. Pour un film sur des personnages gênés et gênants, ce drame comique conserve son élégance.

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par Gregory Coutaut

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