Festival de Sundance | Critique : To Hold a Mountain

Dans les hauts plateaux reculés du Monténégro, une mère bergère et sa fille défendent fièrement leur montagne ancestrale contre la menace de devenir un terrain d’entraînement militaire de l’OTAN, ravivant les souvenirs de la violence qui a brisé leur famille. 

To Hold a Mountain
Serbie/Montenegro, 2026
De Biljana Tutorov et Petar Glomazić

Durée : 1h45

Sortie : –

Note :

VA DIRE SUR LA MONTAGNE

Gara semble vivre dans une carte postale. Posée quelque part dans le massif montagneux monténégrin de Sinjajevina, sa maisonnée n’est pas luxueuse mais dégage quelque chose d’accueillant. La cuisine n’a pas de mur et ressemble davantage à une véranda ouverte sur les superbes paysages verdoyants. Pour Gara et sa fille adolescente Nada, les jours ont l’air de passer paisiblement dans ce coin de nature inconnu du reste de l’Europe. On y fait son fromage à la main pendant que les chatons ont tout le loisir de jouer sous les couvertures.

Mais To Hold a Mountain n’est bien évidemment pas une brochure touristique béate. Le projet de l’Otan de bâtir une zone militaire dans les environs ne menace pas uniquement l’écosystème environnant mais bien l’équilibre économique de tous les résidents. Alors Gara s’organise et organise une rébellion tranquille. Elle donne ses discours publics à dos de cheval, et conserve suffisamment de mesure pour ne pas mettre la pression sur Nada qui rêve d’avantage d’un ailleurs moderne que d’hériter des terres ancestrales.

To Hold a Mountain fait preuve d’une douceur similaire, privilégiant l’échelle personnelle et domestique de la vie de ses deux héroïnes à celle des enjeux politiques internationaux, quitte à arrondir un peu trop les angles dangereux de ces derniers. Plutôt qu’un relief incisif qui lui manque par moments, ce documentaire délicat offre surtout une immersion respectueuse dans l’intimité de cette communauté filmée et surtout écoutée avec une attention et un plaisir contagieux. To Hold a Mountain nous rappelle ainsi que le personnel, c’est aussi politique.

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par Gregory Coutaut

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