Critique : Duel à Monte-Carlo del Norte

Slide, un cowboy solitaire armé de sa seule guitare, arrive dans la ville forestière de Sourdough Creek, gangrénée par la corruption. Le maire et son frère jumeau y sèment la terreur et se préparent à raser un petit village de pêcheurs pour ériger Monte-Carlo del Norte, un lotissement de luxe qui servira aux besoins du tournage d’un film hollywoodien. Prêts à tout pour s’enrichir, ils n’auront aucun scrupule à mettre en danger l’équilibre de la communauté et de l’environnement et à tuer quiconque s’opposera à leur projet.

Duel à Monte-Carlo del Norte
États-Unis, 2023
De Bill Plympton

Durée : 1h20

Sortie : 05/11/2025

Note :

LONESOME COWBOY

Sept ans se sont écoulés entre La Vengeresse, précédent long métrage de l’Américain Bill Plympton, et ce Duel à Monte-Carlo del Norte. Plympton a, entre temps, signé des courts métrages, mais la production de Duel… a également été rallongée par la crise sanitaire due au covid. Minutieusement fait maison, le long métrage mêle western et comédie, dans l’esprit de deux des inspirations du cinéaste : Mel Brooks et Clint Eastwood. Au-delà de ces modèles, le film ressemble avant tout au style inimitable et reconnaissable en quelques plans du réalisateur de L’Impitoyable lune de miel !, Hair High ou encore Les Amants électriques.

On retrouve ainsi la patte nerveuse à la Plympton, ce crayonnage électrique et insensé qui donne une singulière énergie au film. Des yeux aux fesses, les traits et les corps sont surdimensionnés et chaque émotion est propice à une grimace. C’est l’animation de l’Américain dans ce qu’elle peut avoir de plus imagée et surréaliste : de l’effroi à l’excitation, tout déforme les visages et les silhouettes dans ce film qui, dans un même plan, peut être fantaisiste, monstrueux, sexuel et musical. Tout est farce dans ce western, malgré les couleurs passées comme si le sépia du désert avait tout recouvert.

Le tempo de l’animation ne compense pas entièrement, à notre sens, une écriture parfois décousue. Mais la folie qui habite Duel à Monte-Carlo del Norte a quelque chose de galvanisant : le western prend parfois des allures de film catastrophe – d’ailleurs tous les films de Bill Plympton, quels que soient leur genre, ne reposent-ils pas sur une tension de film catastrophe ? Et comme tout bon récit catastrophe, Duel à Monte-Carlo del Norte est une histoire de survie, une dimension qui prend un relief particulier au regard de la carrière de Plympton, bientôt 80 ans, à l’œuvre toujours aussi farouchement indépendante.

| Suivez Le Polyester sur BlueskyFacebook et Instagram ! |

par Nicolas Bardot

Partagez cet article