Critique : Le Gâteau du président

Dans l’Irak de Saddam Hussein, Lamia, 9 ans, se voit confier la lourde tâche de confectionner un gâteau pour célébrer l’anniversaire du président. Sa quête d’ingrédients, accompagnée de son ami Saeed, bouleverse son quotidien.

Le Gâteau du Président
Irak, 2025
De Hasan Hadi

Durée : 1h45

Sortie : 04/02/2026

Note :

MA PART DU GÂTEAU

Dans un coin de campagne, une adorable enfant se retrouve à devoir cuisiner un gâteau en cachette pour l’école. Si l’on ne se fiait qu’à son résumé le plus simple, il serait tentant de réduire Le Gâteau du président à une vignette pleine de bons sentiments, une carte postale pittoresque à la formule si convenue qu’elle pourrait venir de n’importe quel coin du globe. Or, ne pas dépasser cet a priori serait ne pas rendre justice à ce premier film irakien, certes familier mais pas prévisible pour autant, qui a valu à son réalisateur la Caméra d’or au dernier Festival de Cannes.

Premièrement, les paysages irakiens que l’on découvre dès les premiers plans du film ne ressemblent pas du tout à ce à quoi on s’attend. Cette grande étendue d’eau, où chaque habitat de fortune est posé sur son propre petit ilot artificiel, est presque aussi dépaysante qu’une lagune tropicale. Lamia, 9 ans, vit ici avec sa grand mère dans des conditions très modestes et prend chaque matin sa propre embarcation pour se rendre à l’école.

Lamia a beau toujours trimballer dans ses bras un hilarant coq domestique comme si elle était un personnage de Disney, l’action du film se déroule dans les années 90, le président en question est Saddam Hussein et la salle de classe ressemble à une école militaire acide d’endoctrinement, où les enfants sont tenus de crier à l’unisson « Saddam nous souffrons pour toi » plutôt que de chanter des chansons. Quant à la mission pâtissière, c’est moins une honorable preuve de confiance qu’une menace à peine déguisée, et la recherche des ingrédients nécessaire va mener Lamia autant à des quiproquos cocasses qu’à des cellules de prison.

Voilà le mélange dans lequel évolue cette comédie dramatique très accessible mais jamais niaise. Le plus étonnant dans tout cela est sans doute que ces variations n’empêchent jamais le film d’être harmonieusement fluide et de rester à la hauteur de sa jeune protagoniste.

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par Gregory Coutaut

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