Critique : Arco

En 2075, une petite fille de 10 ans, Iris, voit un mystérieux garçon vêtu d’une combinaison arc-en-ciel tomber du ciel. C’est Arco. Il vient d’un futur lointain et idyllique où voyager dans le temps est possible. Iris le recueille et va l’aider par tous les moyens à rentrer chez lui.

Arco
France, 2025
De Ugo Bienvenu

Durée : 1h28

Sortie : 22/10/2025

Note :

TOMBER DU CIEL

Le jeune protagoniste éponyme d’Arco débarque dans la vie d’Iris en tombant littéralement du ciel (dans ce qui ressemble pourtant à la Ugliest Dress arc-en-ciel de Violet Chachki, pour les spectateurs de Drag Race). Arco est le premier long métrage du français Ugo Bienvenu mais celui-ci ne déboule pas tel un inconnu puisque depuis une quinzaine d’années il est déjà l’auteur de nombreuses bandes dessinées, clips musicaux et courts métrages animés (il a notamment collaboré à l’excellent court Dieu est timide). Pour son premier film, Bienvenu opte pour une structure narrative relativement classique dans le cinéma d’animation contemporain, à savoir une première partie de récit dédiée à la découverte émerveillée d’un univers, et une deuxième partie en forme de course poursuite rythmée (c’est déjà la structure de tous les Pixar ou presque, par exemple). Sur ce terrain-là, Arco n’évite pas toujours un sentiment de déjà-vu confortable, mais cela ne veut pas dire que le film n’a rien à offrir.

C’est dans sa généreuse palette visuelle qu’Arco charme le plus. Le futur imaginé par Bienvenu est composé d’intérieurs particulièrement cosy, chaleureusement nichés dans une nature accueillante. Ces luxuriants décors basés sur une harmonie utopique entre l’homme et la nature évoquent bien entendu Miyazaki, mais les personnages humains ou robotiques semblent quant à eux appartenir à un autre style d’animation, rappelant quelque chose de plus mélancolique, réaliste et rétro telle la série française des années 80  Clémentine. Arco propose un intrigant décalage à travers le mariage harmonieux de ces différentes sources d’inspirations. Auréolé du Cristal du long métrage au Festival d’Annecy, le résultat est une fable d’aventure écologique tout public, portée par une musique électronique doucement rêveuse.

| Suivez Le Polyester sur BlueskyFacebook et Instagram ! |

par Gregory Coutaut

Partagez cet article