Critique : Les Saisons

Entremêlant témoignages de travailleur·euse·s agricoles et extraits de carnets de terrain d’un couple d’archéologues, images d’archives et dessins scientifiques, légendes, poèmes et chansons, As Estações est un voyage à travers l’histoire réelle et inventée d’une région du Portugal, l’Alentejo, et des peuples qui l’ont habitée.

Les Saisons
Portugal, 2025
De Maureen Fazendeiro

Durée : 1h22

Sortie : 25/03/2026

Note :

A LA CARTE

Coïncidence de programmation : il y a pile un an, on pouvait découvrir en compétition à Locarno Fogo do vento, formidable poème visuel sur la nature portugaise signé de la cinéaste Marta Mateus. C’est une autre réalisatrice portugaise qui se retrouve cette année dans cette même compétition , avec un projet cinématographique pas si éloigné. Avec Les Saisons, Maureen Fazendeiro signe son premier long métrage en solo mais elle n’en est pas pour autant à son coup d’essai : coréalisatrice avec Miguel Gomes de Journal de Tûoa, elle avait également été primée à Brive et DocLisboa avec son court Motu Maeva. Ce bref CV est une porte d’entrée comme un autre pour pénétrer dans ce film inclassable qui se promène à sa guise entre fiction et documentaire.

Fazendeiro filme ici l’Alentejo, une région du sud du Portugal : ses arbres joliment tordus, ses mystérieux dolmens, ses adorables agneaux, etc. Pourtant, sa caméra n’est pas celle d’une touriste. Plutôt celle d’une archéologue. Pour établir la cartographie de cette région, Les Saisons suit sa propre recette. Aux paysages se superposent des images d’archives, des chansons locales, des légendes du cru mais aussi des références à la réalité historique (la dictature, le travail collectif). Les narrateurs sont multiples, s’expriment dans des langues différentes, l’imaginaire et le réel se mélangent et les plans détaillés se retrouvent recouvert de gribouillis. Une promenade qui zigzague beaucoup, mais pas sans charme.

Les Saisons est à la fois imprévisible dans la diversité de ses approches formelles, et paradoxalement répétitif dans sa manière de tourner un peu en rond sans grande évolution. Avec 1h22 au compteur, le film sait néanmoins tirer un heureux partie de sa modestie, et donner aux humains une place poignante : à la fois omniprésents et absents de ces paysages sans âge.

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par Gregory Coutaut

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