Festival de Varsovie | Critique : Solomamma

Journaliste d’une grande curiosité, Edith est mère célibataire. La monoparentalité s’avère complexe. Lorsqu’elle a connaissance de l’identité du donneur du sperme dont elle a bénéficié, elle le cherche sous le faux prétexte d’un entretien sur son entreprise. Ils nouent bientôt de véritables liens, mais Edith s’enfonce dans le mensonge, mettant en péril la vie fragile qu’elle s’est construite.

Solomamma
Norvège, 2025
De Janicke Askevold

Durée : 1h39

Sortie : –

Note :

J’AVOUE JE VEUX TOUT

Edith, la quarantaine, est une mère célibataire épanouie. Dans le joli coin de Norvège où elle réside, les journées se déroulent sans papa et sans problème. Il ne lui viendrait même pas à l’idée de rechercher l’identité du donneur anonyme qui a servi de géniteur à son jeune fils. Or, elle l’apprend quand même, contre son gré et presque par hasard. Ce père (qui ne se doute alors de rien) a beau demeurer toujours aussi absent de sa vie, les ennuis et les mauvaises décisions commencent pour Edith. Journaliste de profession, elle le contacte sous le faux prétexte d’une interview. Dans quel but, si ce n’est celui de lister les soucis de santés héréditaires qui attendent son fils ? Edith le sait-elle vraiment ?

Actrice entraperçue régulièrement dans le cinéma français (chez Sophie Fillières, Jalil Lespert ou encore Thomas Lilti), la norvégienne Janicke Askevold écrit et réalise avec Solomamma son second long métrage. Afin de faire oublier que cette comédie dramatique est avant tout une succession de discussions, la caméra s’agite parfois gratuitement, mais Askevold sait aussi tirer chaleureusement parti de la nature et du soleil omniprésent autour de ses personnages. Solomamma se distingue de toute façon moins par sa mise en scène sage que par son scénario. Non pas que le déroulé des événements surprenne grandement (tout reste relativement prévisible). La qualité d’écriture d’Askevold se trouve plutôt dans le portrait nuancé qu’elle fait de ses protagonistes, une qualité qui s’apprécie sur la longueur.

Il faut attendre (pas très longtemps heureusement) la première rencontre entre maman et papa pour apprécier le portrait grinçant mais pas moqueur que la réalisatrice dresse de ces parents pas meilleurs que les autres. Leur mesquinerie banale et la petitesse de leur arrangement avec leur bonne conscience pourraient être une source de comédie, mais elles servent surtout ici à créer des des personnages plus nuancés qu’ailleurs, donc plus réalistes, crédibles et attachants. Le mérite en revient aussi beaucoup aux interprètes. Face à Lisa Loven Kongsli (vue dans Snow Therapy), Herbert Nordrum (Julie en 12 chapitres, The Royal Hotel) campe de façon particulièrement convaincant un papa ressemblant surtout à grand ado paumé.

| Suivez Le Polyester sur BlueskyFacebook et Instagram ! |

par Gregory Coutaut

Partagez cet article