Festival de Sarajevo | Critique : White Snail

Une mannequin biélorusse rêvant d’une carrière en Chine est attirée par un homme mystérieux et solitaire qui travaille de nuit dans une morgue. Cette rencontre bouleverse son rapport à son corps, sa beauté et sa mortalité.

White Snail
Autriche, 2025
De Elsa Kremser & Levin Peter

Durée : 1h55

Sortie : –

Note :

CHACUN DANS SA COQUILLE

On a pu découvrir le cinéma du duo autrichien Elsa Kremser et Levin Peter (lire notre entretien) en 2019 avec leur premier long métrage, Space Dogs, un extraordinaire ovni malheureusement resté inédit dans les salles françaises. Ce film parvenait à mêler documentaire et conte de fées, expérience à la fois scientifique et lyrique, tout cela autour… de Laïka, de chiens errants et de toutous fantômes en Russie. Leur nouveau long métrage, White Snail, dévoilé lui aussi au Festival de Locarno, paraît plus classique en apparence – il s’agit ici d’un film de fiction rassemblant deux personnes solitaires qui n’ont semble-t-il rien en commun.

Mais la singularité du regard de Kremser et Peter s’invite assez vite dans ce canevas bien identifié. Elle est une mannequin au physique assez unique, lui travaille dans une morgue. Voilà deux rapports au corps bien différents – mais pas tant que ça : dès le premier plan avec une tête placée dans un sac plastique, ce sont des pulsions de morts qui envahissent l’écran. La mort est chose commune dans White Snail : la mort sur un lit d’hôpital, ou la mort dans la rue avec un corps trouvé dans un parc. Elsa Kremser et Levin Peter dépeignent des solitudes mais aussi des manières surprenantes de se retrouver : le rendez-vous amoureux idéal selon l’héroïne consiste ainsi à s’entrainer à faire… une autopsie.

Où va le film ? Voici qui peut être une excitante question de cinéma. « Où va White Snail ? » est malheureusement une question qui surgit régulièrement au fil d’une narration assez laborieuse. Les thématiques du film nous ont semblé un peu trop confuses durant ces presque deux heures. Il y a pourtant belet bien du cinéma ici : dans cette lumière étrange, grise et sombre qui donne le sentiment que tout est filmé lors d’un orage, dans la respiration apportée par la bande sonore, et par ces étranges ruptures dont la plus belle : une scène muette parmi les escargots.

| Suivez Le Polyester sur BlueskyFacebook et Instagram ! |

par Nicolas Bardot

Partagez cet article