Sam, une jeune comédienne et jeune fille au pair souffrant de stress post-traumatique, se demande si elle doit ou non participer aux recherches de Brooke, une fillette disparue dont elle était la nounou.
Sam fait plus rire
États-Unis, 2024
De Ally Pankiw
Durée : 1h46
Sortie : 30/07/2025
Note : ![]()
LE RIRE EST MON REFUGE
« I Used to Be Funny » (titre original du long métrage traduit de manière pour le moins acrobatique par Sam fait plus rire en français) : Sam, autrefois, était drôle. C’était d’ailleurs son métier : humoriste de stand up, confiante et armée d’un micro, tenant son public dans le creux de la main. Mais Sam lutte contre un stress post-traumatique, et s’est éloignée de la scène. Les spots lumineux ne sont plus vraiment dirigés vers elle puisqu’elle est désormais fille au pair. Lorsqu’une adolescente dont elle s’est occupée s’évapore dans la nature, ce n’est pas tant la disparition préoccupante de la jeune fille qui est au centre des discussions mais plutôt : Sam, apathique et déprimée, peut-elle aider les enquêteurs ? Et surtout : va-t-elle enfin se laver ?
Pour son premier long métrage découvert au Festival SXSW, la Canadienne Ally Pankiw mêle rapidement les tonalités entre drame et humour désabusé. Tout cela est à l’image de son héroïne : très sérieuse, pas sérieuse ; les protagonistes ne savent pas toujours si elle blague ou non et Sam elle-même ne semble pas toujours avoir envie de choisir. C’est un mécanisme parmi d’autres pour affronter un monde où rien n’est très drôle, a fortiori pour des jeunes femmes sujettes aux agressions sexuelles, aux jugements misogynes et aux mauvaises rencontres. Sam a bâti son armure mais celle-ci est pleine de trous. Cette vulnérabilité s’inscrit dans un traitement tristement quotidien des violences sexuelles – il n’est pas question ici de spectaculaire récit de vengeance. Comment une jeune femme abimée peut-elle reprendre les commandes de sa propre narration, et comment des filles de différentes générations peuvent se soutenir entre elles ?
Sam fait plus rire ne tente pas tant que ça de sortir des codes du drame indépendant anglo-saxon, à l’image de son traitement visuel confortable mais assez impersonnel ou encore de son usage appuyé d’une bande son pop-indé. Mais ce que le film peut avoir de lisse dans son traitement est nuancé par le malaise qu’il aborde, par les fêlures des personnages, par leurs dynamiques contrariées. Cette approche grand public (le film jouit d’un solide savoir-faire narratif) permet de s’adresser à une audience jeune et concernée par les thématiques abordées. Mais le meilleur atout du long métrage est probablement son actrice : Rachel Sennott, découverte à l’écran dans Shiva Baby et qui a elle-même débuté dans le stand-up, apporte une singularité à la fois drôle et cassée à son personnage.
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par Nicolas Bardot
