Critique : Dangerous Animals

Zephyr, une surfeuse intrépide au tempérament libre est kidnappée par un tueur en série obsédé par les requins. Séquestrée sur son bateau et confrontée à la folie de son ravisseur, elle va devoir se battre pour survivre face à tous les prédateurs…

Dangerous Animals
Australie, 2025
De Sean Byrne

Durée : 1h38

Sortie : 23/07/25

Note :

GARE AU REQUIN

Quoi de plus délicieusement jubilatoire qu’un bon film de requin ? On précise bon, car s’il y a bien une famille de films de genre ou le ratio entre les films intéressants et les navets paresseux est disproportionné, c’est bien celui-ci. Quel plaisir de voir cette famille hériter enfin d’une sélection à Cannes (est-ce la toute première fois qu’un film de requin y est montré ?). Il fallait pour cela un cinéaste doué et joueur, et c’est le cas de l’Australien Sean Byrne, dont le mauvais esprit avait été brillamment révélé avec le très efficace The Loved Ones, où il maltraitait déjà les conventions d’un tout autre sous-genre : la romcom ado.

Apportons néanmoins la précision que Dangerous Animals mérite. Il ne s’agit pas purement d’un film de requin. Les squales sont bien là, et ils apportent leur lot de chocottes, mais comme l’indique le slogan honnête de l’affiche française : en mer il y a pire que les requins. Sans trop en dévoiler, Dangerous Animals raconte davantage l’affrontement entre deux humains sur un bateau entouré de requins qui ont faim. L’héroïne est une jeune surfeuse pleine de ressources et son antagoniste un grand méchant loup macho et violent. On dit que l’homme est un loup pour homme mais qui va être un requin pour l’autre dans ce face à face sauvage ?

Celles et ceux qui ont vu The Loved Ones savent que Byrne sait jouer avec les attentes et twister les stéréotypes de genre. Il aurait sans doute pu se permettre de prendre davantage de distance avec les archétypes féminins et masculins. La protagoniste est loin d’être naïve mais elle est inévitablement très sexy, et le mascu bourru débile est si méchant qu’il n’offre pas beaucoup de nuances surprenantes. Byrne sait néanmoins faire preuve d’ironie piquante et de surprises bien rythmées, rendant certaines scènes assez drôles sans empêcher les autres d’être bien brutales et cruelles. C’est le sourire aux lèvres qu’on sort de ce grand huit qui sait tenir ses promesses le moment venu, mais certain.e.s. auront peut-être la frustration de ne pas avoir vu encore davantage de requins. Mais n’est-ce pas là un souhait que l’on souhaite formuler devant tous les films du monde ? Comme l’indiquait justement le nom du tumblr humoristique Sharks Make Movies Better, chaque film serait meilleur avec un requin géant.

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par Gregory Coutaut

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